Alors que la France se voulait à la tête de la lutte contre le réchauffement planétaire en 2015, grâce à la COP21, ses émissions de gaz à effet de serre ont augmenté cette année là, comme de manière générale dans l'Union européenne, selon une étude d'Eurostat. Au niveau mondial en revanche, les émissions de CO2 se sont stabilisées entre 2014 et 2015, avec des baisses en Chine, aux Etats-Unis, au Brésil, en Russie, au Japon...

Selon une nouvelle étude, la capacité du méthane (CH4) à réchauffer l'atmosphère est plus importante que les scientifiques ne le pensaient jusqu'alors. Depuis le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de 1995, le potentiel de réchauffement global (PRG) à 100 ans du CH4 est passé de 21 fois à 32 fois celui du CO2. Une estimation en progression de 50% donc.

Si 2017 est classée neutre en ce qui concerne El Nino, elle reste pour l'instant bien proche des anomalies de température terrestre de 2015 et 2016, années durant lesquelles le phénomène El Nino a été classé extrême. Avec plus de +1°C par rapport aux niveaux préindustriels, l'anomalie moyenne des trois dernières années affiche un bond d'environ 0,3°C par rapport aux précédents relevés effectués depuis le début du XXIe siècle.

Alors qu'il convient de ne pas dépasser la concentration de 450 ppm de CO2 en 2100 pour conserver une chance sur deux de limiter le réchauffement planétaire à +2°C, les 410 ppm ont été pour la première fois dépassés pendant ce printemps à la station Mauna Loa, à Hawaï, seulement quatre ans après les 400 ppm. A cette vitesse, les 450 ppm seront en vue vers 2030.

La température planétaire moyenne des 60 derniers mois, c'est-à-dire des cinq dernières années, affiche en ce début 2017, une anomalie de +0,79°C par rapport à la moyenne du XXe siècle, selon les chiffres de l'agence américaine NOAA, c'est-à-dire plus ou moins +1°C par rapport aux niveaux préindustriels. Atténuant l'effet grossissant d'années "chaudes" et d'années "froides", ainsi que les distorsions dues aux phénomènes El Nino et La Nina, cette moyenne de température sur les cinq années précédentes est en forte hausse. Elle a gagné environ un dixième de degré en trois ans.

Parue dans la revue Nature Communications et aggravant les actuelles prévisions du GIEC, une étude d'océanographes estime que, du fait du réchauffement planétaire, il y a près d'une chance sur deux pour que la circulation thermohaline -moteur de la distribution d’énergie sur la planète, du cycle du carbone et de la vie sous-marine- s'effondre durant ce siècle dans la Mer du Labrador. Des continents comme l'Europe et l'Amérique du Nord passeraient dudit réchauffement à un refroidissement brutal. Cela s'appelle une "surprise climatique", version fin d'un monde.

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