Avec près de 4 parties par million (ppm) de plus qu'en mai 2015, la concentration de CO2 dans l'atmosphère a augmenté comme jamais en un an depuis l'époque préindustrielle. En données corrigées des variations saisonnières, elle atteint 404,36 ppm à l'observatoire Mauna Loa de Hawaï. Elle avait passé la barre des 400 ppm en avril 2015.

Une étude américaine montre que la baisse du pH de l'eau, c'est-à-dire son acidification, réduit la capacité des poissons argentés -silversides- à vivre dans un milieu pauvre en oxygène. Quand ils manquent d'oxygène, par exemple en estuaire, de tels poissons montent naturellement en chercher à la surface, dans une eau réputée plus riche en O2. Or, le réchauffement affaiblit également la capacité de l'eau à dissoudre l'oxygène... Ces petits poissons "fourrage" sont ainsi piégés par les interactions entre les changements provoqués par le réchauffement global.

L’agence NOAA confirme que les vitesses de concentration des principaux gaz à effet de serre à longue “durée de vie” dans l’atmosphère (CO2, mais aussi méthane et protoxyde d’azote), ont accéléré ces dernières années pour atteindre un total de 485 ppm équivalent CO2 en 2015. Or, selon les données du GIEC, un pic de la concentration de ces gaz avant 530 ppm est nécessaire pour conserver une chance sur deux de limiter le réchauffement global à +2°C en 2100... Au rythme actuel, cette barre de 530 ppm équivalent CO2 sera dépassée dans 10 à 15 ans.

Avec un phénomène El Nino balbutiant en 2014 puis un El Nino extrême en 2015-2016, tous les records de température mensuelle à la surface de la Terre ont été battus au moins une fois depuis deux ans. Lors des quatre premiers mois de 1998 -année alors qualifiée de “la plus chaude du siècle” à cause d'un El Nino de même ampleur- la température terrestre moyenne avait été 0,43°C moins chaude qu’en ce début 2016, d’après l’agence américaine NOAA. Et au prochain El Nino extrême ?

Considérée comme une véritable bombe climatique si elle est poussée trop loin, la concentration atmosphérique de méthane (CH4) est en augmentation sensible depuis 2005. En Arctique, cette augmentation a même connu une forte accélération en 2014 selon les relevés des stations spécialisées norvégiennes, en particulier au Spitzberg. Hypothèses envisagées: un accroissement des émissions mondiales issues de l’exploitation gazière, un accroissement des émissions issues des marécages dus aux inondations sous les tropiques et à la fonte de terres anciennement gelées aux hautes latitudes, un accroissement des émissions issues de la déstabilisation de certains hydrates de méthane....

La hausse du niveau de la mer n’agit et n’agira pas seule pour submerger et modifier les littoraux. Selon une étude australienne relative à la dynamique de modification des côtes des îles Salomon, dans le Pacifique, les terres de ces récifs coralliens disparaissent en effet beaucoup plus vite là où l’énergie des vagues est puissante. Au nord de la grande île Isabel, secteur exposé à de fortes houles, quatre petites îles de l’archipel ont ainsi été englouties... avant même 2002 ! Une autre l’a été en 2011. Trois autres ont à ce jour perdu plus de la moitié de leur surface d’origine...

Informations supplémentaires