Considérée comme une véritable bombe climatique si elle est poussée trop loin, la concentration atmosphérique de méthane (CH4) est en augmentation sensible depuis 2005. En Arctique, cette augmentation a même connu une forte accélération en 2014 selon les relevés des stations spécialisées norvégiennes, en particulier au Spitzberg. Hypothèses envisagées: un accroissement des émissions mondiales issues de l’exploitation gazière, un accroissement des émissions issues des marécages dus aux inondations sous les tropiques et à la fonte de terres anciennement gelées aux hautes latitudes, un accroissement des émissions issues de la déstabilisation de certains hydrates de méthane....

La hausse du niveau de la mer n’agit et n’agira pas seule pour submerger et modifier les littoraux. Selon une étude australienne relative à la dynamique de modification des côtes des îles Salomon, dans le Pacifique, les terres de ces récifs coralliens disparaissent en effet beaucoup plus vite là où l’énergie des vagues est puissante. Au nord de la grande île Isabel, secteur exposé à de fortes houles, quatre petites îles de l’archipel ont ainsi été englouties... avant même 2002 ! Une autre l’a été en 2011. Trois autres ont à ce jour perdu plus de la moitié de leur surface d’origine...

2014 a surclassé les anciens records de température moyenne de la planète, 2015 a écrasé ce record et 2016 commence encore bien plus fort... Avec + 1,15°C par rapport à la moyenne du XXème siècle selon l’agence américaine NOAA, le premier trimestre de l’année dépasse de 0,28°C le record des trois premiers mois de l’an passé... Presque trois dixièmes de degré en plus. En 1998, “année record” du XXème siècle, la température moyenne de janvier-février-mars était plus fraîche de 0,45°C autour du globe, et de 0,95°C à la surface des terres !

Le 9 avril, la concentration journalière de dioxyde de carbonne a atteint la valeur record de 409,44 ppm à l’observatoire de Mauna Loa, à Hawaï. Pendant la semaine qui a commencé le 10 avril, la concentration moyenne hebdomadaire a atteint 408,69 ppm, + 4,59 ppm par rapport à 2015. Autant de records qui peuvent toutefois être encore battus cette année. Avec une telle vitesse d’augmentation, quid du temps imparti pour limiter le réchauffement global à +2°C ?

Avec à nouveau une température moyenne record en mars, le réchauffement global de la planète atteint pour le dernier semestre + 1,4°C par rapport à la moyenne 1880-1920, selon le scientifique américain de la Columbia University de New-York, James Hansen.

Un nouveau modèle scientifique a calculé que, si les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines perdurent comme aujourd’hui, la fonte des glaces de l’Antarctique, au Pôle Sud, va s’enclencher durablement et pourrait porter à plus de 2 mètres dès 2100 la hausse du niveau moyen de la mer. Deux fois plus que ce prévoyait jusqu’alors le GIEC...

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