Températures moyennes mondiales, fonte des glaces, réchauffement de l'océan, concentration atmosphérique de méthane, multiplication des canicules et des incendies, émissions de carbone des sols, violence des tempêtes et des précipitations, chute de la biodiversité... Au fil des études scientifiques et autres récents rapports, la Terre multiplie désormais les signaux d'un dérèglement qui monte rapidement en puissance.

Adam Smith a scellé les bases d'un système économique qui ne tient aucun compte des lois de la physique, de la réalité de la Terre. René Descartes nous a appris à découper la connaissance du monde en tranches pour contourner sa complexité. Voilà deux symboles de la tragédie humaine en cours, entre drame climatique et drame énergétique.

Selon les données du GIEC, au-delà de 500 ppm équivalent CO2, la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre fait fondre, comme neige au soleil, les chances de limiter le réchauffement à +2°C depuis l'époque préindustrielle.

A peine deux ans après avoir dépassé 410 ppm, la concentration de CO2 a franchi à la mi-mai la barre de 415 ppm au laboratoire de Mauna Loa, référence en la matière. A ce rythme, les 450 ppm - sonnant le glas de l'objectif d'une limitation de la fièvre planétaire à +2°C- seront atteints d'ici 2033. Et la hausse des émissions accélère cette année.

En ce début du mois d'avril, la banquise arctique est à son plus fort niveau de contraction pour cette époque de l'année: 13,865 millions de km2 (surface d'océan montrant au moins 15% de glace) le 6 avril contre 14,036 l'an passé, soit plus de 170 000 km2 de moins. Pour le même jour, c'est également 817000 km2 de moins que la moyenne de la décennie 2001-2010, 1,288 million de km2 de moins que la décennie 1991-2000 et 1,640 million de km2 de moins que la période 1979-1990.

Après la hausse qu'a connu la température moyenne de la Terre entre 2013 et aujourd'hui, une nouvelle poussée de fièvre avec un probable El Nino n'est pas à exclure dès l'année prochaine. Et une étude scientifique pronostique une "augmentation de la probabilité de températures intenses à extrêmes" dans les quatre ans qui viennent...

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