Refroidissement généralisé, saison des neiges étendue, renforcement des tempêtes littorales hivernales, baisse du débit des fleuves, chute de la production végétale et des récoltes, banquise approchant au printemps la Grande-Bretagne... Tels sont quelques impacts qui frapperaient l'Europe en cas d'effondrement de la plongée des eaux dans l'Atlantique Nord, système de courants assurant jusqu'alors la douceur de notre climat océanique.

Bien plus que la hausse de la température planétaire moyenne, l'effet le plus visible du réchauffement de l'atmosphère est l'accroissement des phénomènes extrêmes, donc du chaos que ce surplus d'énergie permet à la machine climatique terrestre de générer, que ce soit avec de la pluie, du vent, de la chaleur ou même du froid ! Ainsi, alors que notre atmosphère s'est réchauffée de quelques dixièmes de degrés depuis la fin du XXe siècle, le coût direct des catastrophes naturelles liées au climat a, lui, plus que doublé !

Contraste. Alors que le GIEC a finalisé un rapport spécial sur un monde à 1,5°C, on sait déjà, d'après les données du précédent rapport du même GIEC, qu'au rythme actuel de nos dégazages, il ne nous reste plus que deux ans d'émissions de dioxyde de carbone (CO2) si l'on veut avoir deux chances sur trois de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C, et six ans pour conserver une chance sur deux...

Une étude montre que l’élimination des aérosols issus de nos activités pourrait accroître l’actuelle fièvre planétaire de 0,5 à 1,1°C, donc rendre dès à présent caduc l’objectif de limiter de réchauffement global à +2°C depuis l’époque préindustrielle. Avec également une augmentation des précipitations et une aggravation des événements extrêmes. Comme un air de tragédie grecque…

Une nouvelle étude montre que, du fait du réchauffement planétaire, la fréquence des ouragans les plus violents -habituellement classés, selon la vitesse de leurs vents, en catégorie 3 (175 - 210 km/h), 4 (210 - 250 km) et 5 (plus de 250 km/h)- a largement augmenté depuis 30 ans et que leur force maximale va crescendo... Avec une zone de risque qui s'agrandit, par exemple vers la Nouvelle-Angleterre en Amérique du Nord et vers l'Europe de l'Ouest.

Dans l'Arctique, le réchauffement est nettement plus fort que sur le reste de la planète, la superficie minimum de la banquise en fin d'été devrait marquer un nouveau record en septembre 2016, les glaces fondent plus vite que prévu, les effets naturels du réchauffement accélèrent eux-mêmes le réchauffement, un réservoir de méthane est susceptible de dégazer dans l'Est sibérien... Mais l'humanité semble encore dormir tranquille.

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