Comme pour l’année 2015, la température mondiale moyenne des douze derniers mois a franchi la barre des +1°C par rapport à la fin du XIXème siècle, selon les chiffres de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Alors que la fuite géante de “gaz naturel” d’Aliso Canyon chasse des habitants en Californie, des études montrent que les “petites” fuites inodores et incolores de méthane (CH4) sont largement sous-estimées aux Etats-Unis. Des scientifiques dont le chercheur de la Cornell University de New-York, Robert Howarth, affirment même qu’à cause de ses émissions de méthane, le “gaz naturel” s’avère encore plus nocif en termes de gaz à effet de serre que le pétrole et même le charbon, notamment quand on prend son pouvoir de réchauffement à 20 ans et non pas à 100 ans comme il est jusqu’alors courant de le faire...

Devant être de très loin l’année la plus chaude de notre ère industrielle, 2015 poursuit ses records de température moyenne, à la surface à la fois des continents et des océans. Novembre a ainsi été plus chaud de 0,97°C par rapport la moyenne du XXème siècle, soit plus de +1°C par rapport aux niveaux préindustriels. Et El Nino va continuer à booster la température mondiale durant tout l’hiver. Au cours de l’année, seul l’Atlantique Nord s'est révélé bien plus froid que la moyenne.

Quoi que l'on pense de l’issue de la Conférence climat de Paris - Le Bourget, les divergences entre les options de limiter l’augmentation moyenne globale de la température à +2°C ou à +1,5°C depuis l’époque préindustrielle, montrent à quel point nous sommes déjà bien coincés dans le piège du réchauffement global, avec d’un côté des îles et des pays qui se battent dès maintenant pour leur survie et, de l’autre, des impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, donc de financement, qui deviennent colossaux.

Pour le scientifique américain “père de la science climatique”, James Hansen, “on est tout près de mettre nos enfants dans une situation où ils ne pourront plus rien faire face au changement climatique”. Pourtant, une solution existe, explique-t-il depuis des années, pour laisser les énergies fossiles sous terre et ainsi limiter le réchauffement global: faire en sorte qu’elles soient les énergies les plus chères, définitivement, avec un prix du carbone consistant à taxer de plus en plus les émetteurs pour redistribuer du pouvoir d’achat aux citoyens et ainsi stimuler une nouvelle économie.

Ce n’est malheureusement pas une surprise: octobre est le sixième mois consécutif de l'année à battre clairement son record de température. Et cela doit encore durer avec le phénomène El Nino, boostant le réchauffement de la planète, et maintenant capable de multiplier les désastres dans différentes régions du monde: inondations, coulées de boue, sécheresses, incendies, chutes de productions alimentaires, crises... Bienvenue dans un monde à +1°C !

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