Nous émettons dans l’atmosphère environ deux fois plus de carbone que n'en absorbent les océans et les écosystèmes terrestres, ce qui provoque le réchauffement global de la planète, générant lui-même des désordres météorologiques.

Alors que le mois de mai 2015 a établi un nouveau record de concentration atmosphérique de dioxyde de carbone à l’observatoire de Mauna Loa, à Hawaï avec 403,94 ppm, l’index des gaz à effet de serre de l’agence américaine NOAA évalue à 481 ppm équivalent CO2 la concentration totale des gaz à effet de serre pour l'année 2014. Or, à l’horizon 2100, la barre de 480 ppm équivalent CO2 marque, selon les données du GIEC, le seuil au-delà duquel la probabilité de rester dans la limite des +2°C de réchauffement va assez rapidement diminuer. Et le seuil qui sonne le glas pour l'espoir d'un réchauffement de moins de +1,5°C.

Un rapport dont disposent les négociateurs de la prochaine Conférence sur le climat de Paris suggère qu’il serait préférable de viser une limite de réchauffement inférieure à 2°C, notamment à cause d’éventuelles rétroactions du système terrestre. Selon le GIEC, pour avoir 1/2 chance de limiter le réchauffement à +1,5°C, il faut laisser 90% des combustibles dans le sol.

Nous sommes à l’intérieur d’un vaste mécanisme qui nous fournit à la fois du chaud, du froid et de l’eau douce, de manière assez régulée: la Terre, sorte de “chaudière commune” de la vie où gaz à effet de serre et autres glaces ont des rôles de thermostats. Bien plus qu'un réchauffement global d'un ou de deux ou de quatre degrés, c’est ce mécanisme que nous sommes en train de perturber, voire de menacer, en accumulant des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et notamment du CO2 issu des combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz) dont l'enfouissement participait à la régulation du climat...

Des stocks d’hydrates de méthane pourraient être fragilisés dans l’Arctique de l’Est sibérien par la propagation depuis plusieurs années d’un courant issu des restes du Gulf Stream. Des remontées de CH4 dans la colonne d’eau ont été détectées par les scientifiques de l’expédition russo-américano-suédoise Swerus. Avec le spectre d’une amplification “naturelle” des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

A l’Observatoire Mauna Loa d’Hawaï, le printemps est la saison des records en matière de concentration atmosphérique de CO2. Ainsi, avec 403,26 ppm, le mois d’Avril 2015 a battu le précédent record de moyenne mensuelle qui avait été établi en mai 2014 (401,78 ppm). Ce nouveau record doit cependant être lui-même battu en mai. Et encore, heureusement que nos émissions de CO2 sont pour moitié absorbées par les océans et les écosystèmes terrestres… Mais pour combien de temps ?

Informations supplémentaires