L’Europe des 28 a confirmé qu’elle visait pour 2030 une réduction d’au moins 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. L’objectif à l’horizon 2050 étant pour les pays développés 80 à 95 % de réduction, et les émissions de l’Union ayant déjà baissé de près de 20 % depuis 1990, l’effort imposé aux prochaines générations est donc bien plus intense que celui qu'on s'impose...

Emboîtant le pas de la Suisse, qui a été le premier pays du monde à officialiser ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’Union européenne (UE) a présenté à l’ONU sa “contribution prévue déterminée au niveau national” (INDC) début mars.

Pas de surprise: l’Europe des 28 s’engage sur une réduction d’"au moins 40 % ses émissions en 2030 par rapport à 1990" (1), cet objectif devant être “contraignant”. Il s’agit selon elle d’une “progression significative” par rapport à son engagement actuel de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990. Représentant environ 10% des émissions mondiales en 2010, les 28 expliquent également avoir déjà réduit à ce jour leurs émissions de 19 % par rapport à 1990.

Pour la ministre française de l’Ecologie, Ségolène Royal, cet accord permet à l’Union européenne “d’être au rendez-vous de l’histoire”, et elle permettra “d’engager une dynamique mondiale positive pour que le monde entier prenne ses responsabilités en décembre à Paris en vue de l’adoption du futur accord sur le climat”.

Cependant, la contribution de l’Union européenne souligne elle-même que l’objectif des pays développés est, en se fiant aux données du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), de réduire leurs émissions de 80 à 95% en 2050 par rapport à 1990.

Faisons de très simples calculs. Si l’on se fie à la base de données européenne EDGAR, les émissions de l’UE28 étaient en 1990 d’environ 5,64 milliards de tonnes d’équivalent CO2 (2), elles seraient actuellement d’environ 4,6 milliards de tonnes et l’on viserait ainsi 3,38 milliards de tonnes en 2030 puis entre 1,13 et 0,28 milliards de tonnes en 2050. Donc, les actuels dirigeants de l’Union européenne se donnent une quinzaine d’années pour réduire d’environ 1,2 milliards de tonnes équivalent CO2 leurs émissions d’ici 2030. Comparativement, ils ne laissent que 20 ans à la génération suivante pour réduire les émissions de 2,25 à 3,1 milliards de tonnes d’équivalent CO2 entre 2030 et 2050... Sans parler des "émissions importées" (produits fabriqués à l'étranger et consommés en Europe) est-ce bien exemplaire ?

Au fait, le GIEC ne dit-il pas également que plus tôt nous agirons énergiquement, plus d’effets positifs cela aura pour contenir le réchauffement global à +2°C, et moins cela coûtera cher ?

(1) Les gaz à effet de serre concernés par la contribution de l’Union européenne sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) ainsi que les composés (créés par l’homme pour ses activités) de type HFC (hydrofluorocarbure), PFC (perfluorocarbure), SF6 (hexafluorure de souffre) et NF3 (trifluorure d’azote).
(2) Par habitant, les émissions de l’union sont passés de 12 tonnes équivalent CO2 en 1990 à 9 tonnes équivalent CO2 en 2012. L’objectif est qu’elles tombent à 6 tonnes équivalent CO2 en 2030.

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