Lancé par un collectif rassemblant de nombreuses organisations laïques et religieuses et ayant lieu le 1er de chaque mois, le mouvement du jeûne pour le climat se définit comme un geste de solidarité envers les victimes du changement climatique, et comme un acte de pression pour un accord climat ambitieux à la conférence climat de Paris, en décembre 2015.

Un collectif d’organisations et de personnalités de différentes traditions religieuses, spirituelles, athées et laïques invite chacun à jeûner le 1er de chaque mois “pour marquer sa solidarité avec les victimes du changement climatique sur toute la planète et pousser les gouvernements vers l’adoption d’un traité global, contraignant, juste et ambitieux lors de Paris Climat 2015”.

Impulsée en 2013 lors de la conférence climat de l’ONU à Varsovie (COP19) en novembre dernier, à l’occasion du jeûne de treize jours du délégué des Philippines Yeb Saño, dont le pays venait d’être durement frappé par le super-typhon Haiyan, ce jeûne pour le climat est une action internationale qui aura lieu chaque 1er jour du mois, jusqu’au 1er décembre 2015, début de la conférence climat de l’ONU « Paris Climat 2015 » (la COP21).

Depuis cette conférence de Varsovie, des milliers de gens jeûnent pour le climat chaque 1er du mois (jeûne de 24 heures, jeûne d’un repas, repas maigre, jeûne carbone...) . « Je me tiens à leur côté parce qu’eux-mêmes se tiennent au côté des gens qui luttent contre l’adversité provoquée par l’ordre mondial actuel, qui est en train de détruire la planète en élargissant le fossé entre les riches et les pauvres et en détruisant le tissu moral et spirituel de la société, » explique Yeb Saño.

"S’affranchir de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles"

Pour Morgane Créach, du Réséeau Action Climat, « chaque pays doit avancer chez lui pour que Paris climat 2015 se solde sur un succès, à commencer par la France. L’enjeu est de s’engager résolument vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables mais aussi que la France, future présidente de la conférence sur le climat, soit suffisamment crédible pour entraîner les autres pays vers un nouvel accord. »

Les églises se sont elles-mêmes associées à cette démarche: « L’action de jeûne est portée, à travers le monde, par de nombreuses personnes, de nombreuses Eglises, dans un esprit de solidarité oecuménique. C’est aussi cette dynamique oecuménique qui nous accompagnera jusqu’à la conférence de Paris 2015 », annonce le Pasteur François Clavairoly, co-président du Conseil d’Eglises Chrétiennes en France (CECEF) et président de la Fédération Protestante de France (FPF).

« L’Eglise appelle l’Etat et les collectivités locales à prendre malgré la crise économique des mesures décisives face au changement climatique et à s’affranchir de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles. Elle appelle également à intensifier les efforts pour faire face aux effets à venir de ce changement, en particulier dans les pays les plus vulnérables », ajoute Monseigneur Marc Stenger, au nom de la Conférence des Evêques de France (CEF).

« La crise climatique n’est pas un enjeu parmi d’autres, elle conditionne tous les enjeux de solidarité humaine. Le fait que des représentants de différentes religions et des laïques se mobilisent ensemble nous rappelle tous à notre communauté de destin. De ces négociations, nous sortions tous gagnants ou tous perdants », prévient de son côté Nicolas Hulot.

FacebookTwitterGoogle BookmarksLinkedin

Informations supplémentaires