All Party Parliamentary Group on Limits to Growth: c’est le nom d’un nouveau groupe parlementaire ouvert aux membres des Chambres des communes et des lords, au Royaume-Uni. Présidé par l’écologiste Caroline Lucas, il regroupe des élus travaillistes, conservateurs, etc. Objectif: analyser objectivement “les limites de la croissance” et leurs risques, redéfinir la notion de prospérité... A quand un tel groupe en France, à l’Assemblée nationale et au Sénat?

Nouvelle faille dans le mur de la sacro-sainte croissance du Produit intérieur brut (PIB) qui guide actuellement les politiques économiques à l’échelle des états et du monde: en Grande-Bretagne vient d’être lancé un groupe parlementaire de tous les partis politiques (APPG comme All Party Parliamentary Group) sur... “les limites de la croissance”, du nom du célèbre rapport du Club de Rome... Un rapport datant de 1972 mais qui n’a donc visiblement pas pris énormément de rides depuis plus de 40 ans !

“Business à usual”, l’effondrement du système industriel

Désirant développer, en dehors des conflits idéologiques, “un espace de dialogue sur les limites environnementales et sociales de la croissance économique”, ce groupe parlementaire a à la fois pour but “d’évaluer la réalité de telles limites”, “d’identifier les risques”, de proposer des “réponses appropriées” et au final de “contribuer au débat international sur la redéfinition de la prospérité”... Autrement dit “sur la manière dont nous pouvons repenser la croissance à une époque de risques écologiques, d’augmentation de la population et de compétition croissante pour les ressources”.

“La croissance économique est censée apporter une prospérité croissante. de plus hauts revenus signifieraient de meilleurs choix et une qualité de vie progressant pour tous”, constate le groupe parlementaire anglais sur son site internet. Dès lors selon lui, “l’hypothèse qu’il puisse éventuellement y avoir des limites à cette croissance ne peut qu’être sérieusement étudiée”.

Rappelant que le rapport du Club de Rome examine les tendances exponentielles de l’utilisation des ressources naturelles et de la pollution depuis la révolution industrielle, particulièrement depuis les années 1950, il note également que “business as usual”  les modèles scientifiques utilisés par le Club de Rome conduisent inexorablement à de “sévères tensions économiques, sociales et environnementales”, et même “à l’effondrement du système industriel”.

“Il est couramment présumé que la croissance signifie le progrès et que la prospérité dépend de la croissance. Et si ces hypothèses étaient fausses ?”

Le “groupe parlementaire de tous les partis politiques britanniques sur les limites de la croissance” affirme également que, si ce rapport du Club de Rome a été contesté, ”de récents examens suggèrent que l’analyse des limites de la croissance est pour l’essentiel robuste”. Il ajoute: “Les données actuelles suggèrent également que la croissance économique ne délivre pas de façon fiable un meilleur bien-être et une amélioration des niveaux de vie. Renforcement des inégalités, compétition pour les ressources rares et montée du consumérisme génèrent des limites sociales à la croissance”... Comme il existe des limites environnementales: changements climatiques, perte de biodiversité, usure des terres, perturbation du cycle du phosphore...

“Comment les gouvernements, le monde des affaires, la société civile et les citoyens répondent à ces challenges ?” demandent ces parlementaires. “La poursuite de la croissance économique est un objectif directeur de la politique, un thème dominant des élections nationales, et une priorité pour beaucoup d’hommes d’affaires. Il est couramment présumé que la croissance signifie le progrès et que la prospérité dépend de la croissance. Et si ces hypothèses étaient fausses ?” interrogent-t-ils finalement.

Réservé aux membres de la Chambre des Lords et de la Chambre des communes, et officiellement reconnu par le Parlement du Royaume-Uni, ce groupe est présidé par Caroline Lucas (Green).  Co-présidents: George Kerevan (SNP, Parti national écossais), Daniel Zeichner (Labour). Officers: Stuart Andrew (Conservative), Barry Gardiner (Labour), Baron Howarth (Labour).

A quand un tel groupe en France, à l’Assemblée nationale et au Sénat ?

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