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Pic pétrolier et climat: la résilience, une issue de secours pour conserver l’espoir du bonheur

Alors qu’il apparaît évident que la société mondialisée risque se retrouver coincée dans les tenailles constituées par le réchauffement climatique et la “descente énergétique” suivant le pic pétrolier mondial, la solution d’avenir la plus désirable consiste, d’après le mouvement des Villes en transition, à réinventer localement des systèmes de vie résilients aux chocs à venir.

La double contrainte physique du réchauffement climatique et du pic pétrolier mondial -puis de la “descente énergétique” qui suivra- impose, si l’on veut pouvoir conserver des perspectives de bonheur, que l’on injecte sans attendre une grosse dose de résilience dans tout notre système de vie.  C’est ce que montre depuis quelques années un spécialiste comme Rob Hopkins (1), à l’origine du mouvement Villes en transition, initié à Totnes en Grande-Bretagne en 2006, et essaimant depuis à travers le monde.

La solution la plus désirable passe par la relocalisation de nos activités

Qu’est-ce que la résilience ? C’est “la capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction” (2).

Concernant notre problème vital de pic pétrolier et de climat (risques -augmentant avec le temps- de catastrophes naturelles, de chaos économique et social, d’effondrement sociétal, de famines, d’émeutes, de guerres, de dictatures, etc.), la solution résiliente la plus désirable passe pour Rob Hopkins par la relocalisation de nos activités -qui du reste n’ont été mondialisées qu’avec les consorts pétrole-charbon-gaz. Il s’agit ni plus ni moins de réinventer dès maintenant notre façon de vivre au niveau local, c’est-à-dire au niveau qui nous est le plus directement accessible et compréhensible, et qui reste le plus sobre en énergie.

Préférer le compostage local au recyclage centralisé, la plantation d’arbres productifs à la plantation d’arbres décoratifs... Ou comment devenir résilient

Dans cette approche, qui intègre les caractéristiques de chaque communauté, il ne s’agit pas d’éliminer les relations avec l’extérieur mais bien de privilégier la multiplicité des relations locales, y compris en ce qui concerne le développement de sources d'énergie, pour construire et solidifier une résilience face aux chocs à venir de l’extérieur (comme les chocs pétroliers). Il s’agit notamment de copier ce qui fait la force des écosystèmes naturels (la complémentarité, l’entraide, avant la concurrence...) ainsi que de redécouvrir et de redévelopper des façons de faire, certaines organisations, l’intelligence avec laquelle vivaient (malgré la pénibilité et beaucoup moins d'énergie à disposition) nos aïeux avant l’ère du pétrole “pas cher” et à profusion, avant les Trente Glorieuses. Ce qui n’est en rien contradictoire avec le sentiment de bien-être, bien au contraire d’après Rob Hopkins.

Outre nos actes quotidiens, se préoccuper de résilience conduit également, toujours selon lui, à réexaminer les “meilleures façons” actuelles de faire, fussent-elles “bio” ou estampillées “bon pour l’environnement” ou “bon pour la planète”.  Ainsi deviendra-t-on résilient en préférant le compostage local au recyclage centralisé, la plantation d’arbres productifs à la plantation d’arbres décoratifs, les matériaux de construction locaux à l’importation de matériaux “verts”, les procédures d’achat local encourageant les activités nouvelles à l’approvisionnement international d’aliments biologiques, le concept de maison passive au bâtiment à faible consommation, la réciprocité à la consommation, les monnaies locales à l’investissement éthique, la permaculture à l’agriculture écologiquement intensive, les méthodes d’investissement communautaire local aux transactions de crédits carbone... Tout un programme finalement pour refonder la vie et les rapports humains.

(1)  Manuel de transition de la dépendance au pétrole à la résilience locale. Rob Hopkins. Version française (2012) parue aux éditions Ecosociété. 20 euros.

(2) Resilience, adaptability and transformability in social-ecological systems. B. Walker, C.S. Hollinger, S.R. Carpenter, A. Kinzig. Ecology and Society vol. 9. 2004.

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