Avez-vous déjà imaginé que des capteurs adroitement placés sur votre voiture -et également sur toutes les autres- pourraient fluidifier la circulation en zone urbaine, permettant même la suppression des feux tricolores ? Un chercheur français a calculé que le gain en CO2 d'un tel système serait équivalent à une généralisation des véhicules électriques en ville: il réduirait de 20 à 30 %  les émissions de gaz à effet de serre totales (ville+route) de chaque véhicule thermique.

A Grenoble, dans son laboratoire d’électronique du CEA, Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, Dominique David travaille sur les petits capteurs qui veulent changer la ville et la vie. Vous savez ces capteurs qui ambitionnent de rendre "intelligents" les réseaux, les machines, les objets... L’idée ici, c’est par exemple d’imaginer une ville où, grâce à ces capteurs, chaque véhicule “comprendrait” à la fois où il va et où vont les autres véhicules quand ils circulent au même endroit et au même moment que lui. Dans cette ville, les feux rouges n’ont plus d’utilité.

S’intéressant également aux émissions de gaz à effet de serre, ce chercheur a mis au point un modèle informatique capable d'indiquer la quantité de carbone que va émettre une voiture durant l’ensemble de son cycle de vie, selon le type de véhicule, le carburant, le trajet, etc...

Un système qui peut s'appliquer aux véhicules thermiques et électriques, partout dans le monde

Comme a pu l’expliquer Dominique David lors d’une conférence organisée par le think tank français The Shift Project, spécialisé dans la transition énergétique, son modèle montre que si tout le monde circulait en ville comme actuellement à la vitesse moyenne de 18 km/h, mais avec une “conduite apaisée”, régulière, ce que pourraient permettre ses capteurs, “on gagnerait à peu près  la même chose que si on remplaçait les voitures thermiques par des véhicules électriques sans capteurs” (mais alimentés avec le mix français actuel, très sobre en CO2 puisque principalement composé des énergies nucléaire et hydraulique).

S'il était installé dans les agglomérations françaises, ce système de capteurs pourrait réduire de 20 à 30 %  les émissions de gaz à effet de serre totales (ville+route) de chaque véhicule thermique selon le chercheur, de manière plus rapide que si on renouvelait le parc automobile urbain pour l’électrifier. Ce système pourrait en plus s'appliquer aux véhicules électriques et s'étendre partout dans le monde.

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