Ancien vainqueur de la Route du Rhum, le Britannique Phil Sharp a l’ambition de gagner le prochain Vendée Globe avec un bateau équipé d’un système d’énergie n’émettant pas de gaz à effet de serre. Lors du Vendée Globe 2012, beaucoup de concurrents avaient déjà limité leur consommation de carburant grâce à des hydrogénérateurs.

Le skipper britannique Phil Sharp et l’Energy future lab de l’Imperial College London, prévoient d’aligner, lors du Vendée Globe 2016, un voilier doté d’un système d’énergie dit “zéro émission”. Leur projet a pour but de montrer que les énergies renouvelables peuvent être compétitives face aux énergies fossiles, y compris en situation isolée.

Ce système devra être capable de faire fonctionner durant tout le temps de la course et dans toutes les conditions météorologiques des éléments capitaux comme le pilote automatique, les systèmes de navigation ou encore le désalinisateur. Pour Phil Sharp, lui-même ingénieur en composites diplômé de l’Imperial College London, “il est donc essentiel d’avoir un système d’énergie à la fois fiable, léger, efficace et durable”.

Le skipper, qui a en plus l’ambition d’être le premier Britannique à gagner cette course autour du monde sans escale et assistance, est résolument optimiste concernant l’aboutissement de son projet: “En se basant sur les études préliminaires menées par EFL, je sais qu’il est possible d’atteindre ces objectifs en utilisant un système à zéro émission de CO2, grâce notamment aux toutes dernières innovations”, annonce-t-il.

Une étude de faisabilité doit examiner toutes les possibilités applicables en terme d’énergies renouvelables: éolien, solaire, pile à combustible à hydrogène, mécanismes de stockage de l’énergie.

Etude du rayonnement solaire rencontré sur le parcours

Par ailleurs, “dans le cadre des recherches sur les énergies solaires, nous menons en parallèle des études climatologiques sur le rayonnement rencontré sur le parcours d’un Vendée Globe. Imperial intègrera ces données dans une simulation globale afin de sélectionner la technologie la plus adaptée à ce type de parcours et d’optimiser également l’emplacement et la taille des panneaux photovoltaïques sur le bateau. Il est important d’étudier ces éléments en amont des phases de conception du voilier car ils peuvent être pris en compte et intégrés dans le dessin et l’aménagement du bateau”, détaille Phil Sharp qui devra être fin prêt pour novembre 2016. “Avoir la technologie est une chose, mais l’utiliser le plus efficacement possible en est une autre”, ajoute-t-il.

Les seules émissions de gaz à effet de serre de ce système seront éventuellement liées à sa réalisation. Rappelons en effet que la fabrication de panneaux solaires photovoltaïques est notamment source de CO2, surtout si l’énergie nécessaire à leur élaboration est riche en charbon. L’hydrogène fabriquée à partir d’énergies fossiles (notamment le charbon encore) génère elle aussi des gaz à effet de serre.

Depuis les deux dernières éditions du Vendée-Globe s’est développé, grâce en particulier au skippeur Yannick Bestaven, un système d’hydrogénérateur. Il s’agit d’une turbine qui permet de produire de l’électricité à la demande, avec le déplacement de l’eau et du bateau. Même si certains navigateurs ont connu des casses lors de la dernière épreuve, ces hydrogénérateurs ont visiblement apporté une réelle autonomie aux bateaux équipés. Les concurrents continuent toutefois à embarquer du carburant, au moins par sécurité.

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