Energies renouvelables: la France en retard sur ses objectifs de 2020

Selon le Commissariat général au développement durable, les énergies renouvelables ont atteint en France 14,2 % de la consommation finale d’énergie en 2013 au lieu de 15%. Le pays devra donc produire d’ici 2020 13 millions de tonnes équivalent pétrole supplémentaires d’éolien, de solaire, de bois-énergie ou encore de biogaz, pour respecter son objectif de 23 %. Cela représente un progrès 1,75 fois plus important que celui réalisé entre 2005 et 2013. Les enjeux les plus importants concernent l’éolien ainsi que le bois-énergie à des fins de chauffage.

Dans sa loi relative à la transition énergétique, la France affiche l’ambition de porter la part des énergies renouvelables à 32% de sa consommation finale d’énergie à l’horizon 2030. Elle confirme également à cette occasion l’objectif transitoire de 23 % en 2020, déjà inscrit dans la directive européenne relative à la promotion de l'utilisation des énergies renouvelables.

Pour l'éolien offshore, une production de 4 TWh avait été prévue pour 2013

Cependant, le développement des énergies renouvelables est “en retard par rapport à la trajectoire prévue”, selon le bilan énergétique 2013 du Commissariat général au développement durable. En 2013, la consommation finale brute d’énergie renouvelable a en effet atteint 23,1 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) contre 24,4 Mtep programmés dans le Plan d’action national (PNA). Le déficit constaté concerne à la fois les productions électrique et thermique.

“Comme les années précédentes, l’objectif relatif à la production d’électricité renouvelable n’est pas atteint puisque seulement 94 % de l’objectif est réalisé en 2013, soit un écart de 0,5 Mtep", souligne le Commissariat. Selon lui, le retard incombe principalement à la filière éolienne : "pour l’éolien terrestre, la production atteint 88 % du niveau prévu par le PNA en 2013. Pour l’éolien offshore, la mise en production des premiers parcs français a pris du retard, alors que le démarrage de la production avait été fixé en 2012 par le PNA et qu’une production de 4 TWh avait été envisagée pour 2013”.

Enjeux les plus importants: l'éolien et le bois-énergie à des fins de chauffage

Si la filière photovoltaïque est en avance sur sa trajectoire, un “retard important” est également constaté pour les filières du solaire thermique, de la géothermie et du biogaz. La contribution de l’hydraulique s’inscrit pour sa part “sur une tendance légèrement décroissante depuis 2005”, poursuit le Commissariat qui ajoute: “Quant aux biocarburants, la consommation de biodiesels est très proche de la trajectoire indiquée (98 %), contrairement au bioéthanol où l’écart est nettement plus important (72 %)”, ajoute le Commissariat.

La part des énergies renouvelables a en moyenne atteint 14, 2% de la consommation finale d’énergie en 2013: 17,1% pour l’électricité, 18,3 % pour le chauffage/refroidissement et 7,1 % pour les transports. Elle est en hausse de 0,6 points par rapport à 2012 et de 5 points par rapport à 2005. Pour le Commissariat général au développement durable, cette progression résulte de l’augmentation de la consommation finale d’énergie renouvelable mais aussi de la baisse de la consommation finale globale, que l’on peut au moins en partie attribuer à la crise économique.

Jusqu’alors, la France a réalisé 64 % de l’objectif assigné pour 2020 (61 % pour l’électricité renouvelable, 64 % pour le thermique renouvelable et 73 % pour les biocarburants). Les efforts à réaliser pour atteindre l’objectif de 23 % restent importants d'après le Commissariat: “En termes de consommation finale brute d’énergies renouvelables, 13 Mtep supplémentaires sont nécessaires d’ici à 2020 d’après le PNA, alors que la progression sur la période 2005-2013 s’est élevée à 7,5 Mtep”, avertit-il. Les progrès devront donc être 1,75 fois plus importants que sur les précédentes années. Les enjeux les plus importants concernent l’éolien (+ 2,1 Mtep d’éolien terrestre et + 1,5 Mtep d’éolien offshore à prévoir d’ici 2020) ainsi que le bois-énergie à des fins de chauffage (+ 5,2 Mtep), “dans les secteurs autres que le résidentiel individuel: réseaux de chaleur, tertiaire, industrie...”

Les objectifs 2020 de la France

Electricité

Hydraulique: 5,541 Mtep (5,411 fournies en 2013)

Eolien: 4,979 Mtep (1,358 fournies en 2013)

... dont éolien terrestre: 3,431 Mtep (1,358 fournies en 2013)

... dont éolien offshore: 1,548 Mtep (0 fournie en 2013)

Solaire photovoltaïque: 0,592 Mtep (0,438 fournies en 2013)

Énergie marémotrice: 0,099 Mtep (0,036 fournies en 2013)

Géothermie: 0,041 Mtep (0,008 fournies en 2013)

Biomasse solide: 1;158 Mtep (0,393 fournies en 2013)

Biogaz: 0,318 Mtep (0,131 fournies en 2013)

Total électricité: 12,729 Mtep (7,775 fournies en 2013)

Chaleur

Solaire thermique: 0,927 Mtep (0,145 fournies en 2013)

Géothermie: 0,5 Mtep (0,113 fournies en 2013)

Pompes à chaleur: 1,850 Mtep (1,629 fournies en 2013)

...dont PAC géothermiques: 0,570 Mtep (0,359 fournies en 2013)

Biomasse solide: 15,9 Mtep (10,666 fournies en 2013)

...dont consommation de bois des ménages: 7,4 Mtep (7,574 fournies en 2013)

Biogaz: 0,555 Mtep (0,106 fournies en 2013)

Total chaleur: 19,732 Mtep (12,658 fournies en 2013)

Carburants "renouvelables"

Bioéthanol: 0,650 Mtep (0,393 fournies en 2013)

Biodiesel: 2,850 Mtep (2,293 fournies en 2013)

Autres (biogaz, huiles végétales): 0,160 (0 fournies en 2013)

Total carburants renouvelables: 3,660 Mtep (2,687 fournies en 2013)

Electricité “renouvelable” pour les transports

Transport routier: 0,110 Mtep (0,001 fournies en 2013)

Transport non routier: 0,292 Mtep (0,234 fournies en 2013)

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