Quels modes de vie en 2030-2050 en France ? La vision de l’ADEME

Pour faciliter la compréhension de la notion de Facteur 4 et ce que cela signifie en terme de mode de vie, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a imaginé ce que pourraient être les comportements de divers types de familles en 2030 et 2050. En 2050, "les situations décrites de transition, accomplies et réussies, procurent aux ménages de la flexibilité et du confort dans leur vie quotidienne", pronostique-t-elle en écartant "un changement brutal de mode de vie".

Ayant pris acte du “déficit actuel d’intérêt des médias et de l’opinion publique” concernant la question climatique, en particulier depuis la conférence de Copenhague en 2009, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a désiré répondre à ce désintérêt en transcrivant ses données chiffrées des horizons 2030 et 2050 en comportements réalistes, histoire notamment de rendre plus concret le Facteur 4 (diviser par 4 d’ici 2050 les émissions de gaz à effet de serre par habitant, pour répondre aux engagements de la France).

"C'est la combinaison de différents modes de vie individuels qui permet de répondre aux enjeux"

Afin d'évaluer les modes de vie à chacune de ces deux échéances, l’ADEME a ainsi mis en place des portraits-robots de familles déterminés par la composition, le nombre d’enfants, les âges de leurs membres, l'implantation géographique (milieu urbain ou rural), les revenus... Pour chacune de ces familles, le but est de décrire leur logement, leurs modes de chauffage et de transport, leur consommation (usage d’équipements high-tech, électroménager...), en s’appuyant sur deux axes généraux: “la diminution par deux de la consommation énergétique à l’horizon 2050 et le développement des énergies renouvelables, avec pour toile de fond l’atteinte du facteur 4 en 2050”.

Leviers des progrès:

- Des bâtiments à énergie positive ou basse consommation, neufs mais surtout rénovés,

- De l’électricité à partir du vent, du soleil ou de l’eau.

- Davantage d’appareils électriques même si chacun consomme moins.

- Des maisons superposées plutôt qu’alignées, qui échangent de l’énergie.

- Des voitures partagées qui en remplacent 3 individuelles, et qui roulent majoritairement à l’électricité ou au biogaz.

- Des transports en commun ou doux adaptés aux besoins grâce aux nouvelles technologies.

- Un gaspillage moindre de la nourriture et une alimentation plus équilibrée et plus saine.

Tiers-financement, bureaux partagés, circuits courts, produits de saison ou encore potagers personnels, s’intègrent également dans les comportements décrits par l’ADEME.

En 2030, “certains usages ont changé, d’autres pas, et d’une famille à l’autre, ce ne sont pas les mêmes postes qui auront fait l’objet d’une transformation. La transition n’est pas toujours effectuée notamment concernant le chauffage des logements et les possibilités de changement de transport. C’est la combinaison de ces différents modes de vie individuels qui permet de répondre aux enjeux de la transition énergétique”, commente l’Agence.

En 2050, “les situations décrites de transition, accomplies et réussies, procurent aux ménages de la flexibilité et du confort dans leur vie quotidienne. Ainsi, même en 2050, aucun comportement individuel n’est proscrit : ce sont la facilité d’utilisation des nouveaux services et leur coût en diminution qui conduisent chacun à multiplier les gestes et les comportements les plus favorables à la sobriété énergétique”, ajoute-t-elle.

Jusqu'à 875 000 emplois créés d'ici 2050 dans la rénovation thermique et l’innovation dans les énergies renouvelables

Cette vision prospective proposée par l’ADEME “ne repose pas sur un changement brutal de mode de vie, une baisse du confort ou sur le pari de ruptures technologiques fortes. C’est par le soutien à l’économie verte, ouverte sur des secteurs d’activités d’avenir tels que l’efficacité énergétique, la production d’énergie renouvelable, le recyclage et l’éco-conception que pourra être trouvé le chemin d’une croissance robuste et durable”, estime l’Agence. Elle poursuit: “Il n’en demeure pas moins que la transition énergétique et écologique voulue par tous n’est atteignable que si chacun se mobilise, à tous les niveaux. Il s’agit de se fixer l’objectif final et d’identifier un chemin possible permettant d’y arriver en supposant des actions de politiques publiques volontaristes et des changements structurants des modes de vie”.

Selon elle, “développer l’efficacité énergétique, la rénovation thermique et l’innovation dans les énergies renouvelables, c’est également développer l’emploi et l’activité: en 2030, environ 330 000 emplois supplémentaires pourraient être créés; et entre 690 000 et 875 000 en 2050”, prévoit-elle, estimant au final que “la transition énergétique sera bénéfique pour l’économie française et le pouvoir d’achat des Français”.

L’ADEME prend en partie en compte la question du pic pétrolier: “Nous affranchir de notre dépendance aux énergies fossiles, c’est anticiper la hausse inévitable de leur prix au cours des prochaines décennies. Cette hausse conduira à une augmentation de la facture énergétique des ménages”, avertit-elle en effet. D’autres visions estiment en plus que cette question peut de surcroît contraindre l’activité économique plus ou moins brutalement selon notre préparation, et donc perturber toutes les études prospectives à horizon 2030 ou 2050, ainsi bien sûr que la “croissance” telle qu’on l’entend actuellement.

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