Bien moins médiatique que le solaire photovoltaïque, le solaire thermique se montre pourtant intéressant partout en France pour le chauffage de l’eau sanitaire en appoint d'un système principal: la source d’énergie est gratuite et très profitable aux beaux jours, le coût d’exploitation est nul, la maintenance très simple… En plus on réduit ses émissions de CO2 et on gagne en autonomie.

Attention ! Ce n’est pas parce que vous n’habitez pas sur la Côte-d’Azur que vous ne pouvez pas chauffer votre eau sanitaire avec une installation solaire ! A la fois simple, efficace et peu coûteux une fois mis en place, ce type de panneau est bien différent du panneau photovoltaïque. Des plaques noires absorbant la chaleur (et placées sous vitre pour que le chauffage soit amplifié grâce à l’effet de serre), sont au contact de tuyaux de cuivre où circule un fluide caloporteur. Constitué de manière courante par de l’eau contenant de l’antigel, ce fluide circule ensuite dans un échangeur situé à l’intérieur d’un ballon. Il chauffe ainsi l’eau qui s’y trouve. Le système est particulièrement simplifié dans les régions tropicales (où il ne gèle pas) le ballon d’eau se trouvant avec le panneau. Néanmoins, le même type de système peut exister avec un ballon se trouvant dans l’habitation, idéalement dans le grenier pour bénéficier de la gravité naturelle.

Adapter superficie et emplacement des panneaux en fonction de la région et du débit désiré

Certes, le solaire thermique ne permet pas d’assurer le chauffage continuel de l’eau sanitaire, mais il assure quand même  le plus souvent la majeure partie du travail. Il s’installe donc en parallèle d’un chauffage classique. Pour une moindre émission de CO2, on privilégiera en France métropolitaine un système de chauffage classique électrique ou fonctionnant avec de la biomasse (bois, copeaux, granulés…).

Lors de l’installation, il est bien sûr nécessaire d’adapter la superficie de panneaux et leur orientation en fonction de la situation géographique de l’établissement et du débit d’eau envisagé. On compte habituellement, installation comprise, un coût de l’ordre de 6000 euros hors taxes pour 4 m2 de panneaux et un ballon de 250 litres. Des aides spécifiques peuvent être apportées par les conseils régionaux, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)…

Le coût de l’installation, et donc l’amortissement de l’investissement, est régulièrement cité comme un frein au développement de l’énergie solaire thermique. Néanmoins, les calculs ne prennent certainement pas en compte le renchérissement à venir réel de l’énergie et de l’eau. De plus, on peut y trouver différents avantages annulant à terme tout surcoût apparent. Voici les principaux :

-Le coût d’exploitation d’un système solaire thermique est nul.

-La maintenance est extrêmement simple.

-Le chauffe-eau solaire est particulièrement efficace aux beaux jours, quand la consommation est souvent la plus importante.

-L’utilisation d’un système complémentaire de type solaire thermique prolonge la durée de vie des installations principales.

-Posséder un chauffe-eau solaire offre une réelle autonomie temporaire en cas de panne ou de rupture du système principal.

20 000 emplois à créer d'ici 2025

Cependant, malgré ses avantages, "la régression du marché solaire thermique dans le résidentiel individuel depuis 2009, et dans le collectif depuis 2013, est telle que le secteur est "sous tension". L'outil industriel solaire thermique français est menacé. L'ensemble de la filière perd chaque jour des emplois et des compétences", a averti l'an passé Enerplan, le syndicat des professionnels de l'énergie solaire qui propose à l'Etat un plan d'action sur trois ans.

"Vu les très faibles niveaux d'équipements solaires thermiques de la France par rapport à nos voisins européens, l'objectif de multiplier par 8 à 10 le chiffre d'affaires d'ici 2025 est à notre portée à condition de renverser la dynamique actuelle", espère-t-il en estimant à 15 000 - 20 000 le nombre d'emplois que la filière pourrait créer d'ici 10 ans avec un marché national de 3 millions de m2/an. 

"Les nouvelles techniques (généralisation de kits pré- assemblés en usine, solutions dites auto-vidangeables, etc..) permettent de viser un objectif de 7 cts €/kWh en collectif avant 2020. Ceci place le solaire thermique parmi les applications les plus performantes et compétitives (production et stockage inclus) pour la production d’eau chaude ou de chaleur. Ce secteur, stratégique pour le bâtiment et l’industrie, est non seulement capable de créer 20 000 emplois mais de faire économiser plus d’un milliard d’euros par an en énergie importée d’ici 2025", commente François Gibert, vice-président d'Enerplan.

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