10 conseils pour manger local, “bio” et "pas cher" !

Acheter directement aux producteurs sinon dans des circuits courts, prendre un peu de temps et de plaisir pour cuisiner, (re)découvrir les légumineuses, respecter les saisons, apprendre à connaître les fruits et légumes, manger moins de viande, bien regarder les prix avant d’acheter, réutiliser les restes... Manger “bio” ou manger "bon" ne veut pas forcément dire manger plus cher. Mais cela veut bien dire manger plus sain et plus sobre en CO2 quand les produits sont locaux.

Le “bio” n’est pas forcément local et sobre en carbone. Prenez des fruits “bio” venant du Brésil, ils ont voyagé en avion. Prenez des pommes “bio” conditionnées en barquettes et sous plastique, elles produisent des déchets. Le “bio” est une charte que doit respecter le producteur mais qui ne garantit pas de consommer “local” ou “décarboné”. A l’inverse, s’il ne travaille pas officiellement en "bio", rien n’indique à part sa bonne parole que le petit producteur local n’a pas traité ses pommiers... Pour chacun, c’est là qu’il faut savoir faire la différence car le “bio” est effectivement bon.

Une philosophie de vie, une recherche d’harmonie avec l’environnement, un respect de la vitesse de production de la nature

Outre leur bienfaits pour la santé et leur richesse en vitamines et en oligo-éléments, les aliments "bio" ont un « effet rassasiant, dû à leur plus grande densité en nutriments et à la richesse en fibres des produits végétaux », explique le spécialiste Lylian Le Goff (1). Autrement dit, on a besoin de moins de pâtes "bio" que de pâtes classiques pour se nourrir… A poids égal, l’aliment "bio" est plus profitable que l’aliment industriel, donc moins cher au final que le prix affiché.

En fait, si le “bio” est bien une charte que le producteur doit respecter, et qui offre une réelle garantie dans un système de distribution comme celui des hypermarchés, il doit plus généralement être considéré comme une philosophie de vie, une recherche d’harmonie avec l’environnement, un respect de la vitesse de production de la nature. Certains petits producteurs ne sont pas estampillés “bio” car selon eux cela leur reviendrait trop cher, cependant ils suivent les mêmes démarches et peuvent même pour certains être encore plus rigoureux que la charte “bio”. A défaut d’autres labels comme Demeter ou Nature&Progrès, cela devient dans ce cas affaire de confiance avec le consommateur.

1 – Acheter directement au producteur ou en circuit court

Se fournir dès que possible directement auprès des producteurs ou, à défaut, se rabattre sur les circuits courts. En privilégiant la proximité, on limite les surcoûts intermédiaires: transport, distribution… On permet au producteur de mieux vivre de son travail, sans forcément payer plus cher. C’est notamment le principe des AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), et également de la plateforme laruchequiditoui.fr, où l’on trouve des agriculteurs travaillant en bio et d’autres en agriculture raisonnée. Ne pas hésiter à demander à un producteur de visiter son exploitation.

2 – Eviter les produits déjà conditionnés

De nombreux magasins bio proposent des produits sans emballage, en vrac: céréales, légumes, fruits, produits secs, plantes… Ils sont à privilégier. Sans conditionnement, les coûts sont réduits.

3 – Se mettre aux fourneaux !

Acheter des produits bruts et préparer soi-même un plat au lieu d’acheter l’équivalent tout prêt, permet de rentabiliser très vite le temps passé en cuisine. C’est vrai  pour les carottes râpées mais aussi pour les tartes, les pizzas, les gâteaux… À défaut de jardin, ne pas hésiter à cultiver soi-même en pot des plantes aromatiques: persil, thym, laurier, coriandre, romarin, cerfeuil… Autant d’arômes qu’on aura toujours sous la main, à moindre coût.

4 - Mieux connaître les fruits et légumes

La peau des fruits et légumes est pleine de fibres. Si la peau est bio ou n’a pas été traitée, elle se mange et renforce la sensation de satiété. Au lieu de l’éplucher, il est donc préférable de brosser l’aliment sous l’eau. De plus, le bio permet de redécouvrir de nombreux légumes anciens, pas forcément chers: topinambour, rutabaga, panais, salsifis, crosne, courges…

5 - Respecter les saisons

Les produits saisonniers sont moins chers et bien meilleurs quand on les achète à la bonne époque. En hiver, bannir tomates, fraises et cerises de tout panier !

6 - Manger moins de viande

Les nutritionnistes sont tous d’accord: la surconsommation de viande est mauvaise pour la santé. Ils déconseillent même d’en manger le soir: un motif excellent pour faire des économies.

7 - Regarder les prix et bien choisir

Certaines viandes sont plus onéreuses que d’autres, sans être pour autant plus nourrissantes. Les morceaux de bœuf à mijoter (ragoût, pot-au-feu, bourguignon) sont intéressants pour le porte-monnaie. Autre exemple: tant qu’ils sont extra-frais, les poissons les moins chers comme les maquereaux, les sardines, les merlans et même les tacauds, sont excellents.

8 - Redécouvrir les légumineuses

Les haricots, flageolets, lentilles, pois cassés, pois chiches, ou encore soja remplacent avantageusement la viande, grâce à leur apport en protéines. L’expert Lylian le Goff (1) a fait le calcul: «À ration protéique égale, soit 20g de protéines par portion pour une personne, l’association de 100g de céréales bio et de 50g de légumineuses bio est nettement moins chère que l’équivalent carné, à savoir 100g de viande non bio». Par ailleurs, les légumineuses, qui captent l’azote atmosphérique et fertilisent le sol,  sont bonnes pour l’environnement.

9 - Préparer des repas équilibrés

Il est très profitable de bien connaître les caractéristiques des produits que l’on mange. Sans forcément devenir végétarien (qui est néanmoins une option intéressante), on peut très bien manger en mélangeant céréales et légumineuses, ou céréales et viande ou poisson, en alternant repas avec et sans viande: couscous avec de la semoule de blé complet, riz ou pâtes accompagnés…

10 - Apprendre à utiliser et à cuisiner les restes

Inutile de jeter des restes de plats ou de cuisine: il suffit de trouver le bon accommodement, notamment en associant céréales et viande ou céréales et légumineuses. Quant aux radis, carottes et navets, même leurs fanes se conservent: on peut les émincer dans une salade de crudités, les cuire à l’eau ou encore les braiser.

(1) “Manger bio, c’est pas du luxe”, Lylian Le Goff. Paru aux éditions Terre vivante. 2006

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