Le mouvement citoyen Alternatiba a fêté fin septembre l’arrivée, Place de la République à Paris, de son tour de France à vélos 3 et 4 places, parti début juin de Bayonne.  A cette occasion, le “festival des solutions pour le climat” Alternatiba-Paris a rassemblé quelque 400 organisations et des dizaines de milliers de personnes, dont le sociologue Edgar Morin qui a salué ce rassemblement fédérateur d’initiatives.

60 000 personnes ont, selon les organisateurs, participé les 26 et 27 septembre au “festival des solutions pour le climat” que représentait Alternatiba-Paris, le grand village des alternatives qui concluait les plus de 5600 kilomètres et près de 190 étapes du tour de France Alternatiba, parti le 5 juin de Bayonne avec des vélos de 3 et 4 places, symboles de transition écologique et de solidarité.

Un édifice de sensibilisation et de solutions concrètes

Après avoir accueilli samedi l’arrivée de ce tour, en compagnie de quelque 1500 cyclistes en “vélorution”, la Place de la République a été entièrement investie dimanche, à l’occasion de la Journée sans voiture, par quelque 400 organisations réparties dans 14 quartiers thématiques: Migrations et solidarités internationales, Numérique, Education, Transport et mobilité, Economie, Agricultrure et alimentation, Citoyenneté, Santé et bien-être, Culture, Climat, Energie, Habitat, Eau, Zéro déchet.

Au fil des stands, les visiteurs ont pu participer à de multiples ateliers apportant chacun une pierre à une sorte d’édifice de sensibilisation et de solutions concrètes face au péril climatique et pour “vivre mieux”: calcul de son empreinte écologique, expérimentation de différentes façons d’échanger, fabrication de dentifrice, d’hôtels à insectes, de cosmétiques naturels, d’instruments de musique (avec des matériaux de récupération), de sacs à partir de chemises, de tampons en lino gravure, de bouteilles solaires, d’un lombricomposteur... Atelier “four solaire”, atelier “cuisine”, atelier d’autoconstruction... Quiz de connaissance sur le climat, jeu sur la répartition des richesses, simulation des négociations de la COP21, mur d’expression...

Débats, concerts et animations artistiques ont également rythmé cette journée et, à l’heure du midi, 5000 repas cuisinés à partir d'invendus alimentaires ont été distribués gratuitement, à l’instar de la démarche du Britannique Tristram Stuart (le “Banquet des 5000”).

En fin d’année, pas loin d’une centaine de villages Alternatiba auront été mis en place depuis le  rassemblement initial de Bayonne

Pour les organisateurs, toute la journée a ainsi symbolisé “le début d'une mobilisation citoyenne engagée dans la transition climatique pour “changer le système pas le climat", selon le mot d’ordre d’origine d’Alternatiba. Le même week-end, des villages Alternatiba ont du reste également été organisés dans le Maine-et-Loire d’Angers à Saumur, à Lorient (Morbihan), au Havre (Seine-Maritime), à Mimizan (Landes), à Bergerac (Dordogne), à Grenoble (isère), à Montpellier (Hérault), entre Marne et Gondoire dans la Seine-et-Marne, dans le Nord de la Franche-Comté à Audincourt (Doubs), à Mâcon–Sancé (Saône-et-Loire)... Le week-end précédent le mouvement Alternatiba avait déjà rassemblé près de 70 000 personnes selon les organisateurs, à Nantes, Genève, Orléans, Caen, Rambouillet...

En fin d’année, pas loin d’une centaine de villages Alternatiba auront au total été mis en place depuis le  rassemblement initial de Bayonne en 2013. Les prochains rendez-vous sont prévus le 3 octobre à Figeac (Lot), les 3-4 octobre à Rouen (Seine-Maritime)  les 10-11 octobre à Garazi-Saint-Jean-Pied-de-Port (Pays basque), les 17 et 18 octobre à Besançon (Doubs), Fontenay-le-Fleury (Yvelines), Perpignan (Pyrénées Atlantiques), Auray (Morbihan), Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), Haïti, le 24 octobre à Bilbao (Espagne), les 28 et 29 octobre à Louvain-la-Neuve (Belgique), le 21 novembre à Exeter (Devon, Angleterre)...

Vers une “nouvelle civilisation”  chère à Edgar Morin ?

Pour la suite, un "Village mondial des alternatives" prendra notamment le relais à Montreuil (Seine-Saint-Denis), les 5 et 6 décembre, en pleine COP21 (1) dont l’ambition affichée est de trouver un accord permettant de limiter le réchauffement global à +2°C depuis l’époque préindustrielle. Doit alors être confirmée, y compris au plan international,  “l'émergence d'un grand mouvement pour la justice climatique, déterminé à gagner des batailles décisives  pour le climat”, selon les responsables.

Entendant participer à de telles “échéances de mobilisation pour la COP21”, le mouvement parisien d’Alternatiba veut également pour sa part poursuivre son “action de sensibilisation et de développement des alternatives pour traduire concrètement la transition climatique et citoyenne dans les territoires”.

Présent à l’occasion d’Alternatiba-Paris aux côtés notamment des parrain et marraine de ce village -le philosophe Patrick Viveret et l’écrivaine Susan George- Edgar Morin, 94 ans, est allé encore plus loin en appelant de ses vœux que ce rassemblement, apte à fédérer toutes les initiatives de tous les domaines pour le climat, marque ainsi le départ d’une “nouvelle civilisation”... Une nouvelle civilisation, une “métamorphose” chère à son cœur et dont le sociologue a du reste pu faire l’esquisse dans ses ouvrages -par exemple “La Voie” (2)- face à la catastrophe que promet selon lui l’actuelle civilisation.

(1) COP21: 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques.
(2) La Voie. Pour l’avenir de l’humanité. Edgar Morin. Fayard. 2011.

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