Contraste. Alors que le GIEC a finalisé un rapport spécial sur un monde à 1,5°C, on sait déjà, d'après les données du précédent rapport du même GIEC, qu'au rythme actuel de nos dégazages, il ne nous reste plus que deux ans d'émissions de dioxyde de carbone (CO2) si l'on veut avoir deux chances sur trois de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C, et six ans pour conserver une chance sur deux...

Une étude montre que l’élimination des aérosols issus de nos activités pourrait accroître l’actuelle fièvre planétaire de 0,5 à 1,1°C, donc rendre dès à présent caduc l’objectif de limiter de réchauffement global à +2°C depuis l’époque préindustrielle. Avec également une augmentation des précipitations et une aggravation des événements extrêmes. Comme un air de tragédie grecque…

Une nouvelle étude montre que, du fait du réchauffement planétaire, la fréquence des ouragans les plus violents -habituellement classés, selon la vitesse de leurs vents, en catégorie 3 (175 - 210 km/h), 4 (210 - 250 km) et 5 (plus de 250 km/h)- a largement augmenté depuis 30 ans et que leur force maximale va crescendo... Avec une zone de risque qui s'agrandit, par exemple vers la Nouvelle-Angleterre en Amérique du Nord et vers l'Europe de l'Ouest.

Dans l'Arctique, le réchauffement est nettement plus fort que sur le reste de la planète, la superficie minimum de la banquise en fin d'été devrait marquer un nouveau record en septembre 2016, les glaces fondent plus vite que prévu, les effets naturels du réchauffement accélèrent eux-mêmes le réchauffement, un réservoir de méthane est susceptible de dégazer dans l'Est sibérien... Mais l'humanité semble encore dormir tranquille.

Comme pour l’année 2015, la température mondiale moyenne des douze derniers mois a franchi la barre des +1°C par rapport à la fin du XIXème siècle, selon les chiffres de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Alors que la fuite géante de “gaz naturel” d’Aliso Canyon chasse des habitants en Californie, des études montrent que les “petites” fuites inodores et incolores de méthane (CH4) sont largement sous-estimées aux Etats-Unis. Des scientifiques dont le chercheur de la Cornell University de New-York, Robert Howarth, affirment même qu’à cause de ses émissions de méthane, le “gaz naturel” s’avère encore plus nocif en termes de gaz à effet de serre que le pétrole et même le charbon, notamment quand on prend son pouvoir de réchauffement à 20 ans et non pas à 100 ans comme il est jusqu’alors courant de le faire...

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