Soit les exportations de notre pétrole se poursuivent bien et avec les pétrodollars on limite nos émissions de gaz à effet de serre, soit on brûle notre pétrole pour assurer notre propre développement intérieur dans le cas où la lutte mondiale pour limiter le réchauffement global à +2°C (nécessitant que 80% des réserves actuelles exploitables d’énergies fossiles restent sous terre) nous pose trop de problèmes. C’est en substance le message de l’Arabie Saoudite à l’approche de la COP21. Cynique.

Visant un niveau d’émission de gaz à effet de serre de 140 millions de tonnes équivalent CO2 en 2050 contre un peu moins de 500 actuellement, la France met en place un système de budgets carbone décroissants avec le temps. La réduction des émissions françaises doit notamment être stimulée par la montée en puissance de la "contribution climat-énergie", la baisse de l’intensité carbone, les économies d’énergies, l’économie circulaire....

Atteindre l’objectif d’un réchauffement global limité à +2°C nécessite non seulement de fortes baisses des émissions de gaz à effet de serre issues des activités humaine mais aussi, selon le Programme des Nations-Unies pour l’environnement, un développement des « technologies à émissions négatives », notamment les incertaines "biotechnologies associées à la capture et au stockage du carbone"...

Pour financer l’aide à l’adaptation au changement climatique, les chercheurs Lucas Chancel et Thomas Piketty proposent dans une étude de l’Ecole d’économie de Paris, de lever 150 milliards d’euros annuels grâce à une contribution répartie entre les personnes émettant le plus. Ou, à défaut, grâce à une taxe sur les billets d’avion.

Efficacité énergétique, énergies renouvelables, sylviculture, agriculture, déchets, reforestation, technologies... Le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) a publié un rapport qui recense des actions pouvant selon lui -en complément des promesses actuelles en vue de la COP21- replacer l’humanité dans une trajectoire qui pourrait encore permettre de conserver des chances de limiter le réchauffement global à +2°C.

Venant d’être envoyée aux Nations-Unies, l’édition 2015 du rapport français d’inventaire des gaz à effet de serre estime que le pays a émis 491,2 millions de tonnes équivalent CO2 en 2013... à plus ou moins 50 millions de tonnes près ! Une telle marge d’erreur s’explique non pas par les émissions de dioxyde de carbone, mais par les incertitudes liées aux autres gaz à effet de serre: protoxyde d’azote, méthane, hydrofluorocarbures.