Hydrolienne fluviale testée dans la Loire à Orléans par la société HydroQuest, site d’essai dans la Gironde à Bordeaux coordonnée par France Energies Marines, pico-hydrolien au fil de l’eau étudié par l'entreprise Ecocinetic... Le développement de l’énergie hydrolienne, pour laquelle les projets se multiplient en mer, devrait également concerner estuaires et rivières.

Fonctionnant grâce au déplacement de masses d’eau, les hydroliennes sont promis à un bel avenir en mer, grâce à différents puissants courants, par exemple en Bretagne et en Normandie. C’est en tout cas l’ambition des promoteurs des actuels projets, en particulier vers le Raz Blanchard et l’Ile d’Ouessant.

Projet hydrofluv: préciser et optimiser la capacité de production des hydroliennes fluviales, montrer leur faible impact environnemental...

Mais la filière naissante des hydroliennes, moulins du XXIème siècle, cherche également un avenir au bord des rivières et des estuaires... La ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, a du reste annoncé en ce début 2015 un prochain appel à manifestation d’intérêts (AMI) sur les hydroliennes fluviales.

Cela ne devrait pas manquer d’attirer l’attention de l’entreprise HydroQuest, installée dans l’isère et qui, fin 2014, pour la première fois en France, a immergé dans la Loire, à Orléans, une hydrolienne fluviale. De 40 KW de puissance totale, les turbines de cet engin à axes de rotation verticaux et tournant à la vitesse de 20 à 40 tours par minute, doivent subir des courants de plus de 2m/s.

Réalisée dans le cadre du projet Hydrofluv piloté par HydroQuest en association avec EDF ainsi qu’avec l’agence régionale Centre Bourgogne du cabinet Biotope (45), les PME FOC Transmission (38) et Erneo (34), le groupes Artelia (38) et le laboratoire des Ecoulements Géophysiques et Industriels (LEGI, CNRS, Université de Grenoble), cette hydrolienne de 2 mètres de hauteur pour 6 mètres de large doit être expérimentée jusqu’à 2016. Objectif: préciser et optimiser la capacité de production des turbines, montrer leur faible impact environnemental...

SEENEOH: ouverture cette année d'un site d'essai pour hydroliennes à Bordeaux

Capable d’alimenter une soixantaine de foyers, cette hydrolienne doit surtout aider HydroQuest à partir à la conquête d’un marché mondial évalué par les responsables à 3 GW à terme pour 12 milliards d’euros. Il concerne notamment l'Afrique et le continent américain.

Lancé en 2013 pour un budget total de l’ordre de 2,45 millions d’euros, Hydrofluv a ainsi l’ambition d’aboutir à la vente de 380 hydroliennes fluiviales à l’horizon 2020 et d’atteindre à cette date les 200 unités par an.

En plein Bordeaux, c’est un centre d’essai baptisé SEENEOH (Site Expérimental Estuarien National pour l’Essai et l’Optimisation d’Hydroliennes), coordonné par France Energies Marines et exploité par un bureau spécialisé, Energies de la Lune, qui prend actuellement forme. Devant rentrer en service cette année, ce site implanté au bord d’une Gironde capable d’atteindre à cet endroit 3,5 m/s, sera ouvert aux industriels français et étrangers désirant tester leur technologie. Trois hydroliennes pourront être accueillies simultanément et seront raccordées au réseau électrique.

Pico-hydrolienne: un potentiel que les responsables évaluent à 2,8 GW sur les rivières et fleuves français

Autre genre d’hydrolienne fluviale: la pico-hydrolienne au fil de l’eau que développe notamment une entreprise basée à La Rochelle, Ecocinetic, qui a également immergé en 2011 dans la Gironde la première hydrolienne estuarienne. Se voulant utilisable “dans tous les cours d’eau disposant d’au moins 70 cm de profondeur d’eau et dont la vitesse moyenne du courant est supérieure à 0,5 m/s”, ces petites hydroliennes ont été conçues pour l’auto-consommation ou pour une revente au réseau.

Nécessitant ni chute d’eau, ni conduite forcée, ni barrage, ce type de turbine “balayée par 1 m2 d’eau produira entre 1 et 10 kW de puissance instantanée, soit entre 8.700 et 87.000 kWh par an”, indiquent les responsables.

Selon eux, “à partir d’une vitesse de courant de 1,3 m/s, elle permet de produire un kWh électrique moins cher que le tarif actuel proposé par le réseau électrique français”. Ils évaluent à 2,8 GW le potentiel d’installation de cette technologie pour les rivières et fleuves français. Par comparaison, le potentiel des grosses hydroliennes marines est de l’ordre de 3,4 GW.

“De par ses caractéristiques, le petit hydrolien constitue clairement une voie pour améliorer de façon durable les conditions de vie dans de nombreux pays. Sur Terre, près de 1,5 milliard d'êtres humains n'ont pas d'accès à l'électricité et beaucoup d'entre eux vivent à proximité d'un cours d'eau offrant une énergie gratuite et inépuisable. L'arrivée de l'électricité dans certains villages isolés permet d'y améliorer les conditions sanitaires, de favoriser l'éducation, d'assurer un développement économique et de réduire l'exode rural”, argumentent-ils encore.

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