Filiale de la Caisse des dépôts, CDC Climat a établi un "Panorama des financements climatiques” en France. Pour 2011, cette étude arrive à un total de 22,2 milliards d’euros d’investissements dont 9 pour les énergies renouvelables et 8,3 pour l’efficacité énergétique. Si une partie des financements nécessaires à la transition énergétique est donc réalisée, il en faudrait néanmoins deux fois plus.

22,2 milliards d’euros ont été investis dans des « projets tangibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre » en France en 2011. C’est ce qui ressort du Panorama des financements climatiques de CDC Climat, filiale de la Caisse des dépôts, première étude du genre dans l’Hexagone. Cette étude a été rendue publique à l’occasion d’une conférence organisée par CDC Climat et le think tank The Shift Project, spécialisé dans la problématique énergie-climat.

Les opérations liées aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique sont pour les trois-quarts opérées par des acteurs privés

CDC Climat estime que ce montant d’investissement annuel (énergies renouvelables, bâtiment de haute qualité environnementale, transports en commun...) est - hors nucléaire- « en-dessous des besoins identifiés dans le cadre du Débat national sur la transition énergétique (DNTE) », estimés à environ 50 milliards d’euros (1).  

« Une partie des financements nécessaires à la transition énergétique est donc d’ores et déjà réalisée mais l’effort restant à effectuer nécessite des évolutions importantes », commente l’étude qui ajoute : « alors que l’année 2011 représente un pic d’investissements dans les énergies renouvelables, l’évolution des années suivantes laisse à penser que la marche à gravir est peut-être un peu plus haute aujourd’hui ».

Dans ce total, les énergies renouvelables arrivent en tête avec un investissement de 9 milliards d’euros dont 1 milliard pour les subventions à l’investissement. L’efficacité énergétique suit avec 8,3 milliards d’euros dont 6,7 milliards dans le bâtiment. Par secteur, les 22,2 milliards se répartissent ainsi: environ 10 milliards d’investissements concernent le bâtiment, 4,8 milliards les transports, 5 milliards l’énergie, un peu plus de 2 milliard l’industrie et 0,8 milliard l’agriculture.

« D’une manière générale, les opérations liées aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique sont principalement – pour les trois-quarts des montants – opérées par des acteurs privés. Dans le secteur des transports, l’image est moins claire puisque les porteurs de projet sont des organismes publics dont le financement provient en partie d’acteurs privés », souligne l’étude.

4,9 milliards d’euros ont été fournis pour des projets bas-carbone à travers le budget de l’État et celui des collectivités

Il ressort ainsi que « le poids des acteurs publics dans les dépenses d’investissement est bien plus grand dans les investissements climatiques – 40% avec les dépenses sur les transports – que dans le reste de l’économie ».

« A l’exception notable des transports, les flux financiers gérés par des organisations publiques – ministères, collectivités locales, institutions financières publiques, agences, etc. – ont pris la forme principalement de subventions à l’investissement privé. Dans le secteur des transports, les collectivités locales et Réseau Ferré de France (RFF) sont considérés comme finançant les infrastructures sur leur bilan ou en capital », indique également l’étude.

A travers le budget de l’État et celui des collectivités, 4,9 milliards d’euros ont été fournis pour des projets bas-carbone. « La plupart de ces montants sont dépensés soit sous la forme de subventions – crédit d’impôts par exemple – soit sous la forme de participations prises dans des infrastructures – pour les transports notamment. Le bâtiment représente la majeure partie de ces montants avec 2,1 milliards d’euros fournis sous la forme de subventions, que ce soit pour la rénovation énergétique ou la production d’énergie renouvelable. Les transports représentent également un montant important avec entre 1,4 et 3,8 milliards d’euros suivant les périmètres retenus. Les investissements climatiques dans les autres secteurs représentent un poids de l’ordre de 250 millions d’euros », détaillent les responsables.

Par ailleurs, « alors que globalement les entreprises fournissent plus de financements que les ménages, dans le secteur du bâtiment uniquement, le financement des ménages est majoritaire (66%) » souligne-t-elle encore.

A l’international enfin, « la contribution française directe – c'est-à-dire les flux de financement émanant d’institutions françaises – vers des financements climatiques à l’étranger représente en 2011 près de 4 milliards d’euros. En ne prenant en compte que la contribution vers les pays en développement, cela représente 2,9 milliards d’euros dont 2 milliards d’euros de financements de l’agence française de développement (AFD) », complète l’étude de CDC Climat.

(1) Pour les scénarios du DNTE (Débat national sur la transition énergétique) pour un périmètre d’action néanmoins plus large. Dans l’étude de CDC Climat, « les investissements dans la R&D, le renforcement de capacité ou bien la production d’éléments – une usine pour fabriquer des panneaux solaires par exemple – ne sont pas inclus. Les services énergétiques ne sont pas comptabilisés non plus ».

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