La question climatique suppose que l'on prenne des décisions pouvant être difficiles aujourd'hui pour des résultats qui ne viendront que dans des dizaines d'années.

Comme l’avenir est par définition « inconnu », on ne peut parler des changements climatiques à venir qu’en terme de probabilité, et pour le scientifique, rien n’est totalement certain tant que les 100% ne sont pas atteints. Ce qui explique au moins en partie les polémiques récurrentes, par exemple à propos de la question de l’hydrate de méthane, de l’éventuel arrêt du courant vertical en Mer de Norvège, des scénarios sur le temps qu’il fera dans quelques dizaines d’années, voire même à propos de la responsabilité de l’homme dans ce dérèglement… Cela dit, le GIEC estimait quand même dès 2001 qu’il y avait 90 à 99 chances sur 100 que de nombreuses zones connaissent une « augmentation des épisodes pluvieux intenses » au XXIème siècle… Idem pour l’augmentation des jours de canicule et pour la baisse des jours de gel.

D’autre part, le climat possède une inertie gigantesque. Personne ne cache plus que les effets du « réchauffement » ont déjà débuté et que le niveau des mers doit progressivement augmenter pendant des centaines d’années. Il est également reconnu que même si on arrêtait aujourd’hui toute extraction d’énergie fossile, la température moyenne continuerait encore d’augmenter. Mais l’on ne sait pas par exemple si l’on a déjà dépassé ou quand on dépassera un seuil fatidique, un point de non retour fatal. Dans son ouvrage L’Avenir climatique, l’expert climat-énergie Jean-Marc Jancovici souligne ainsi qu’ « aucun scientifique ne peut dire qu’il est raisonnable de ne pas dépasser une hausse de 1,73 ° sur 75 ans, qu’en dessous de ce seuil nous sommes garantis contre toute catastrophe et qu’au dessus l’Apocalypse est pour bientôt ». En revanche, cette ignorance prouve l’urgence extrême de la situation, selon notre cher principe de précaution.

Outre un côté anxiogène qui peut s’avérer difficile à gérer, cette situation pose aussi la question de l’action politique. En résumé, comment prendre et faire accepter des décisions, pouvant de surcroît être douloureuse, pour des résultats qui ne commenceront à apparaître que dans des dizaines d’années…

La difficulté est évidente. D'autant que cette question met radicalement en cause les piliers de nos sociétés: pétrole, croissance matériel, mobilité, modes de vie...

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