S’il existe une corrélation entre niveau de revenu - et d’information - et consommation bio, de multiples initiatives (“Bio cabas, “De la ferme au quartier”, “Défi familles à alimentation positive”, “30 000 paniers solidaires”, “Uniterres “...) permettent de conjuguer de mieux en mieux alimentation biologique et bonne santé avec solidarité, réinsertion, lien social, développement local...

Paniers de légumes à tarifs adaptés, ateliers cuisine, épiceries solidaires approvisionnées par des producteurs locaux bio, distribution au cœur des quartiers ou dans des zones rurales isolées... Si les produits “bio” sont souvent réputés trop chers et si “de nombreux travaux montrent une corrélation entre les niveaux de revenu et la qualité de l’alimentation”, la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) a pour sa part également remarqué que “des initiatives de plus en plus nombreuses se développent pour favoriser l’accessibilité à l’alimentation biologique à tous”... Et tout en montrant que “l’accès à une alimentation de qualité n’est pas qu’une question de budget : c’est aussi et surtout une question d’information et de sensibilisation”.

Un dispositif qui crée du lien entre habitants, favorise la mixité sociale, contribue à réinsérer des personnes éloignées de l’emploi, décloisonne les services locaux et qui, au final, “enclenche une dynamique pour le territoire”

Désirant “”valoriser ces circuits de proximité et de dimension sociale”, la FNAB a depuis plusieurs années multiplié les colloques (Alsace, Bretagne, Rhône-Alpes...) et les outils pour favoriser le déploiement à plus large échelle de telles initiatives: recueil d’expériences innovantes, boîte à outils pour les collectivités territoriales, boîte à outil pour les producteurs bio...

Ayant également analysé “les impacts de ces dispositifs sur les territoires”, elle a récemment publié deux nouvelles brochures: une brochure pour les collectivités et associations locales intitulée « Développer des dispositifs d’accessibilité à l’alimentation bio : des impacts insoupçonnés pour votre territoire ! » ; et un kit d’aide au montage de projets du type du “Défi familles à alimentation positive”, initiés en 2012 par Corabio, le groupement d’agriculture bio en Rhône-Alpes.

Consistant à “accompagner des foyers vers une alimentation saine et équilibrée en augmentant la consommation de produits bio et locaux, le tout sans augmenter leur budget”, ces “défis familles” proposent notamment aux participants des temps d’information: visites de fermes et de points de vente, ateliers cuisine, ateliers jardinage, soirées d’échanges... Autant d’actions qui montrent qu’une telle approche “répond à de nombreuses problématiques des territoires, bien au-delà de l’alimentation” (qu’il fait évoluer dans la durée) et de la santé.

Stimuler l'émergence de systèmes “favorisant l’accès de tous aux produits bio locaux, les mécanismes d’accessibilité pouvant être financiers, culturels et/ou géographiques”

Les expériences menées ont en effet pu montrer que le dispositif crée “du lien entre habitants d’un même territoire”, favorise “la mixité sociale et les découvertes culturelles”, contribue même "à réinsérer des personnes éloignées de l’emploi”, décloisonne les acteurs et les services locaux et, au final, “enclenche une dynamique pour le territoire”. Après la région Rhône-Alpes, plusieurs antennes régionales et départementales du réseau FNAB sont intéressées pour expérimenter ce projet dans leurs secteurs, à l’image de la Loire-Atlantique et de la Bretagne.

Prenant elle aussi en exemple la démarche de Corabio, la brochure « Développer des dispositifs d’accessibilité à l’alimentation bio : des impacts insoupçonnés pour votre territoire ! » s”appuie en plus sur les retours d’expériences de quatre autres initiatives: les "Bio cabas accessibles" du Nord-Pas-de-Calais, le programme “De la ferme au quartier” à Saint-Etienne, le programme “Uniterres” du réseau des épiceries solidaires, et le programme “30 000 paniers solidaires” du réseau Cocagne.

Objectif: donner une “réponse pertinente aux problématiques d’inégalités sociales alimentaires et de santé” en stimulant l’émergence de nouveaux “dispositifs d’accessibilité à l’alimentation bio”, autrement dit de systèmes “favorisant l’accès de tous aux produits bio locaux, les mécanismes d’accessibilité pouvant être financiers, culturels et/ou géographiques”.

“Les dispositifs d’accessibilité peuvent donc prendre des formes très variées : paniers de fruits et légumes à tarifs adaptés, approvisionnement des épiceries sociales et solidaires par des producteurs bio locaux, paiements échelonnés et/ou en chèques alimentaires, groupements d’achat, péréquation entre consommateurs, distributions au cœur des quartiers prioritaires ou en zones rurales isolées, ateliers cuisine, information et sensibilisation, etc.”, précisent les responsables.

Paniers de fruits et légumes bio à tarif réduit, participation aux frais variant selon les ressources de chacun, solidarité réciproque entre consommateurs et producteurs, accompagnement pédagogique des bénéficiaires...

Pour eux, ce type de dispositif a l’avantage de stimuler -en plus de la mixité, des liens sociaux, des échanges culturelles, de la réinsertion et du décloisonnement qu’il permet- l'investissement dans l’économie locale, le développement de systèmes de solidarité alimentaire valorisants, et la réalisation d'économies sur les dépenses publiques.

Bio cabas accessibles (Nord-Pas-de-Calais). Créé en 2006, ce dispositif consiste à “proposer des paniers de fruits et légumes bio à tarif réduit pour des personnes en difficulté. Grâce au soutien des collectivités locales (Conseil général du Nord, Ville de Lille, etc.), le consommateur ne paie que la moitié du prix du panier. Les paniers sont confectionnés et livrés par des jeunes en insertion. En parallèle, des ateliers cuisine sont mis en place avec les animateurs des centres sociaux et des maisons de quartier pour découvrir et apprendre à préparer les fruits et légumes du Biocabas. En 2014, près de 1 900 paniers ont pu être distribués via cette initiative”.

De la Ferme au quartier (Saint-Etienne, Loire). Il s’agit d’” une plateforme d’approvisionnement alimentaire qui confectionne et livre des paniers de fruits et légumes bio dans différents quartiers de Saint Étienne depuis 2010. Afin de les rendre accessibles à tous, la participation aux frais varie selon les ressources de chacun et les chèques alimentaires sont acceptés. Les distributions ont lieu aussi dans les zones urbaines sensibles en partenariat avec les associations sur place et en présence d’au moins un producteur. Par ailleurs des actions éducatives pour informer sur l’agriculture paysanne permettent d’aller à la rencontre de nouveaux publics. En 2014, "De la Ferme Au Quartier" compte 210 adhérents et s’approvisionne auprès de 22 producteurs.”

Programme "Uniterres". Initié par le réseau des épiceries solidaires, ANDES, ce programme “consiste à approvisionner des épiceries sociales et solidaires par des producteurs locaux, eux-mêmes en situation fragile (récemment installés, en conversion vers l’agriculture biologique ou ayant connu un « accident de parcours »). Ces producteurs sont fléchés par des partenaires techniques qui les connaissent du type "Solidarités paysan" ou la "Mutualité sociale agricole". Les consommateurs des épiceries bénéficient ainsi de produits frais, locaux et souvent issus de l’agriculture biologique. Ce programme a été lancé en 2012 en Poitou-Charentes et en Aquitaine, en 2013 en Midi-Pyrénées, et a vocation à se déployer.”

Programme "30 000 paniers solidaires". Lancé par le réseau Cocagne, ce programme consiste “à proposer à des familles disposant de faible revenu d’accéder à l’offre des jardins de Cocagne. Abonnés au même titre que les autres adhérents-consommateurs, les bénéficiaires ont accès à un panier à 30 % du prix de vente environ, grâce à une prise en charge au niveau national (Direction Générale de la Cohésion Sociale) et de cofinancements locaux. L’opération comprend aussi un accompagnement pédagogique des bénéficiaires, afin de permettre des changements alimentaires dans la durée. En 2013, 30 jardins ont proposé des paniers solidaires. Cette opération a permis de distribuer plus de 15 000 paniers de légumes à environ 600 foyers.”

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