Vous pensiez avoir acheté une voiture sobre émettant relativement peu de CO2, disons 115 grammes par kilomètre (classe B) ? Si on dit qu'elle émet en fait 141 g/km en conduite réelle (équivalent à la classe D), on a toutes les chances d'être plus proche de la réalité. Les émissions affichées par les constructeurs restent en effet en dessous de la réalité, du fait d'un test trop irréaliste.

Si l'Agence européenne de l'énergie se félicite que la moyenne des émissions de CO2 des voitures a baissé de 4 % et a atteint l'an passé 127 grammes par kilomètres, dépassant ainsi avec 2 ans d'avance l'objectif européen, il convient de rappeler que les tests officiels des constructeurs sous-estiment les émissions de CO2 des véhicules, et même qu'une partie des progrès réalisés sur le papier par les voitures, reste virtuelle.

Dès 2013, l'Institut ICCT (International council on clean transportation) a effet évalué que la consommation réelle de carburant des voitures, et donc leurs émissions de gaz à effet de serre étaient de 15 à 30% plus élevées que les documents officiels des marques. Pour se rapprocher des émissions réellement émises, il faut augmenter d'environ un quart la valeur affichée du fabricant. Ainsi, la moyenne de 127 g/km atteint l'an passé serait plutôt proche de 160 g/km...

7% de décalage moyen en 2001, 23 % en 2011

Ce décalage, que chaque acheteur de véhicule neuf peut en fait constater dans sa consommation d'essence ou de diesel, est en premier lieu dû à l'inadéquation entre les tests officiels effectués, dont la norme date des années 1970 (cycle d'essai NEDC), et la conduite réelle moyenne. L'Institut ICCT a également noté que les décalages les plus importants étaient relevés du côté des véhicules les plus émetteurs et que le décalage moyen était passé de 7% en 2001 à 23 % en 2011. Autrement dit, une partie de la réduction des émissions affichées par les véhicules depuis le début du 21e siècle, est irréelle.

Cela implique également que les voitures considérées comme très polluantes avec des émissions officielles de CO2 de plus de 250 g/km, émettent en conduite réelle au moins 310 g/km, et celles qui sont étiquetées à 200 g/km atteignent en fait 250.

Cette tricherie vis-à-vis du consommateur et de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, doit être limitée par une nouvelle norme de tests (cycle d'essai WLTP) prévue par l'Union européenne pour 2017. Néanmoins, les constructeurs essaient de repousser cette date.

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