Dessalinisation solaire, biogaz, moteur stirling, aquaponie, micro-algues, éoliennes, bio-composites... Le catamaran Le Nomade des Mers a entamé en ce début 2016, avec le navigateur Roland Jourdain, un tour du monde du “low-tech”. A bord: l’ingénieur et aventurier Corentin de Chatelperron, son équipe d’explorateurs, leur éolienne, leur pédalier à électricité, leur four solaire, leurs serres, leur poulailler, leurs aménagements en composites de jute et de lin...

Etre un laboratoire de “technologies simples et accessibles, respectueuses de l’environnement et utiles à la résolution de problématiques vitales”, c’est-à-dire un laboratoire du ‘low-tech”, et en faire la promotion: telle est l’ambition du Nomade des Mers, un catamaran de 45 pieds (13,7 m),  entièrement repensé pour l’occasion et qui est parti en février de Concarneau, dans le Finistère, pour trois ans d’expédition. Objectif: expérimenter des réalisations issues entre autres d’une plateforme internet collaborative dédiée au low-tech, le Low-tech Lab.

Des technologies peu coûteuses,  sobres en énergie et en ressources, réalisables avec les ressources locales, applicables partout...

Suite de l’expédition Gold of Bengal lors de laquelle, en 2013, le jeune ingénieur vannetais Corentin de Chatelperron avait passé six mois en solitaire et en autonomie dans le Golfe du Bengale, à bord d’un bateau entièrement construit en composite de fibre de jute, au Bangladesh, ce projet veut “fédérer les initiatives d’innovation” low-tech à travers le monde. D’escale en escale, l’équipage ira donc à la rencontre d’inventeurs et abordera diverses approches pouvant s’adapter aux “basses” technologies: bio-composites, dessalinisation solaire, hydroponie, charbon vert, spiruline, recyclage de l’aluminium, biogaz, moteur stirling, éoliennes, aquaponie, entomophagie, épuration par les micro-algues...

Rappelons que, contrairement aux high-tech, les low-tech présentent les caractéristiques d’être peu coûteuses,  sobres en énergie et en ressources, réalisables avec les ressources locales et applicables partout. Faisant appel à la capacité d’invention et également à la connaissance de son environnement, elles restent pourtant à ce jour marginales, les financements de la recherche allant au high-tech.

Toutefois, outre l’autonomie qu’elles peuvent procurer, notamment dans les pays en voie de développement, elles apparaissent comme des solutions de résilience pour une humanité appelée à être de plus en plus coincée entre la raréfaction du pétrole ainsi que des matières rares, et son impact trop fort sur la planète: réchauffement global, pollutions, érosion...

“À chaque escale, un inventeur sera invité à venir installer et tester sa solution à bord”

Entre autres “challenges” lancés par le Low-tech Lab : “Peut-on se nourrir d’algues? Un lombricompost pour digérer mes déchets? Comment conserver nos légumes? Comment construire un réfrigérateur?, Comment cuisiner avec peu de ressources combustibles? Comment faire de la colle avec des ressources naturelles ou locales? Peut-on inventer un pédalier multifonction qui fait perceuse, meuleuse, etc? Peut-on inventer un système « mécano » multifonctionnel? Que faire des bouteilles plastiques vides? Quel avenir pour les canettes en aluminium? Comment fabriquer simplement une pompe à eau? Comment capter l’eau contenue dans l’air?,Comment faire un filtre à eau efficace? Comment fabriquer son savon? “...

Avec son éolienne et également son four solaire, son système de récupération d’eau de pluie, son pédalier à électricité, ses aménagements en composites de jute et de lin, ses peintures aux algues, ses serres, son laboratoire électrique ou encore son poulailler et son vivarium, le Nomade des Mers se veut lui-même un véritable navire de test et d’optimisation de tous les systèmes low-tech étudiés, en situation d’autonomie.

En 2016, son voyage doit le conduire au Maroc, au Sénégal, au Cap-Vert, au Brésil, en Afrique du Sud, au Mozambique, à Madagascar, au Sri Lanka, en Inde, en Malaisie... “À chaque escale, un inventeur sera invité à venir installer et tester sa solution à bord. Avec l’équipe Nomade des Mers, ils iront à la rencontre d’autres inventeurs et projets inspirants, échanger avec des experts et apprendre mutuellement”, précisent les responsables. Soutenant cette initiative par le biais de son fonds Explore qu’il consacre aux “nouveaux explorateurs”, le navigateur Roland Jourdain va dans un premier temps skipper le Nomade des Mers avant que Gwénolé Gahinet ne prenne le relais. Outre les skippers et les invités, l’équipage sera composé de Corentin de Chatelperron, de l’ingénieur expert des low-tech Pierre-Alain Lévêque et de la spécialiste en développement Elaine Le Floch. Cette aventure fera également l’objet d’une série documentaire de 15 épisodes qui sera diffusée sur Arte en 2017: “Cap sur l’Innovation”.

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