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Méthanisation: une ressource pour la transition énergétique

Selon l'ADEME, le biogaz, qui permet à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'ouvrir de nouveaux débouchés économiques dans les territoires ruraux, pourrait fournir en France 3 à 3,5% de la production d'énergie à l'horizon 2030-2050. Dans son plan pour la transition énergétique, la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, Ségolène Royal, prévoit l'installation de 1500 unités de méthanisation dans l'Hexagone.

Permettant la transformation de déchets et de matières organiques en engrais et en énergie, la méthanisation peut contribuer de manière intéressante à la transition énergétique en France, juge l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Notant sa forte croissance dans le secteur agricole, l'ADEME estime que l'on trouvera 1000 unités de méthanisation sur le territoire dès 2020. "Alors qu’en 2008 le pays ne comptait que quelques installations, 160 unités de méthanisation agricoles sont aujourd’hui en fonctionnement avec une capacité de production de 350 GWh d’électricité et 500 GWh de chaleur soit l’équivalent de la consommation de 35 000 foyers", souligne l'Agence qui souhaite que cette progression soit soutenue et encouragée.

La moitié du gaz de réseau pourrait être alimentée par la méthanisation d'ici 35 ans

En effet, s'inscrivant dans une logique d'économie circulaire en produisant du fertilisant et de l'énergie à partir des déchets de l'agriculture et de l'élevage, la méthanisation réduit mécaniquement l'utilisation d'énergie fossile et d'engrais minéraux de l'exploitation agricole. L'ADEME relève que la technique a également de l'avenir du côté des stations d'épuration urbaine et de la gestion des déchets organiques des entreprises et des collectivités. Le think tank spécialisé dans la transition énergétique The Shift Project a estimé qu'une modèle de méthanisation à la française performant doit pouvoir permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 1,9 million de tonnes équivalent CO2 par an, tout en créant 4500 emplois à temps plein dont 3500 en phase d'investissement.

Selon les estimations de l'ADEME, le biogaz pourrait avoir à l'horizon 2030-2050 une part de 3,5% dans la production d'énergie et la moitié du gaz de réseau pourrait être alimentée par la méthanisation d'ici 35 ans. Estimant en revanche que le développement de cultures spécifiques pour alimenter la méthanisation (maïs notamment) peut aboutir à une concurrence entre l'alimentation et l'énergie, l'ADEME souligne que le modèle de la France est lui vertueux car il consiste simplement à contribuer au traitement des déchets en produisant de l'énergie.

Il y a deux manières de développer la méthanisation. On peut d'abord l'utiliser, avec un rendement énergétique de l'ordre de 65%, pour produire simultanément de l'électricité et de la chaleur (cogénération). Nécessitant un réseau de chaleur, ce système permet de remplir des besoins de l'exploitation ou de chauffer des habitations aux alentours. Il est également possible de développer la méthanisation en épurant du biogaz (avec un rendement énergétique de l'ordre de 90%) et produire du biométhane qui pourra être injecté dans le réseau. L'ADEME estime qu'"entre 12 et 30 TWh de biométhane pourraient être injectés dans le réseau d’ici 2030".  Actuellement 4 unités pratiquent cette technologie dans l'Hexagone et on en aura deux fois plus à la fin de l'année. Dans son projet de loi pour la transition énergétique, la ministre de l'Ecologie, du Développement durable, et de l'Energie, Ségolène Royal, en prévoit 1500.

Même si ses coûts à l'investissement par KW électrique installé sont moins élevés que ce que l'on aurait pu croire pour l'ADEME (en moyenne 5610 euros/KW HT pour les unités à la ferme, 6520 euros pour les unités centralisées), cette filière "nécessite encore aujourd’hui des soutiens financiers pour être rentable".

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