Si l’on prend en compte le cumul des émissions de CO2 des pays depuis le XIXème siècle, et non pas les seules émissions annuelles, alors on peut estimer que les Etats-Unis et les pays européens (sur la base de l’Union à 28) portent chacun le quart de la responsabilité historique du réchauffement global, contre un peu plus de 10% seulement pour la Chine. A 22 euros la tonne de carbone (prix du carbone en France en 2016), cela leur ferait une “dette carbone” commune de l’ordre de 4000 milliards d’euros...

Une équipe de scientifiques a montré qu’en prenant en compte tous les gaz à effet de serre, l’estimation haute du budget carbone que doit respecter l’humanité pour conserver deux chances sur trois de limiter le réchauffement global à + 2°C, doit être divisée par deux: 1240 milliards de tonnes de CO2 et non pas 2390. L’estimation basse reste inchangée: 590 milliards de tonnes, soit les émissions de 10 à 15 % des réserves exploitables actuelles de pétrole, de charbon et de gaz, le reste devant rester sous terre...

Finance. Le think tank britannique Carbon Tracker a établi un rapport sur les investissements devenant mécaniquement “inutiles” pour les énergies fossiles, quand on prend en compte dans leur business plans la nécessité de limiter le réchauffement global à +2°C depuis l’époque préindustrielle. Au hit parade 2015-2025 de ces actifs risqués baptisés “stranded assets” –sorte de “subprimes” du futur- le Mexicain Pemex, le Néerlandais Shell et l'Américain ExxonMobil, arrivent aux trois premières places, avec respectivement 77, 76,9 et 72,9 milliards de dollars d’investissements incompatibles avec la cible de +2°C. Le Français Total pointe à la 12ème position avec plus de 30 milliards de dollars de “stranded assets”.

Devant rentrer en vigueur quand au moins 55 pays ou groupes de pays représentant au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre l’auront validé, l’accord climatique universel conclu pendant la COP21, à Paris, est "historique" simplement parce qu’il est appelé à devenir l’outil de base de la communauté internationale face à ce qui doit devenir son principal défi durant ce siècle. Néanmoins, l’histoire pourra également juger le décalage entre une ambition affichée assez présomptueuse -un monde bien en dessous de +2°C, vers +1,5°C- et la réalité de 2015 du réchauffement global et les moyens mis en œuvre pour atteindre ce but. En l'état actuel, cet accord promet un réchauffement de l'ordre de +3°C, dans le meilleur des cas.

Conférence climat de Paris. A à peine 48 h de l’heure H à laquelle doit être approuvé un accord “universel, équilibré et juridiquement contraignant” pour ne pas dépasser un stade trop dramatique des changements climatiques, des petits pays insulaires ont souligné qu’ils ne désiraient pas apporter leurs signatures à un texte prévoyant une limitation du réchauffement global à seulement +2°C depuis l’époque préindustrielle, limite qui provoquerait en fait leur disparition.

Afin que les négociateurs parviennent à un accord climat avant la fin de la semaine, le président de la COP21, Laurent Fabius, a constitué une instance spéciale "pour mener des consultations informelles”. Quatre groupes de travail ont également été mis en place pour travailler sur les points les plus délicats: ambition de l’accord, moyens de mise en œuvre, différenciation entre pays, accélération de l’action pré-2020. En en attendant d'autres: adaptation, pertes et dommages, mécanismes de coopération, forêts, mesures de réduction des émissions, respect des dispositions, préambule...

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