Samedi 26 novembre, lors du Forum Climats et Migrations qui aura lieu au Carrefour des associations parisiennes, Clémence Dubois, responsable des campagnes de l'ONG 350.org pour la France, fera le point sur les mouvements citoyens de désinvestissement des énergies fossiles et les actions à venir.

De l'Amérique à l'Europe, de l'Europe à l'Asie et à l'Océanie, l’ONG de lutte contre le réchauffement global 350.org multiplie les actions afin que les investisseurs retirent leurs capitaux des industries liées aux énergies fossiles: pétrole, charbon, gaz. A l'occasion de la COP22 (1) de Marrakech, elle a publié avec plus de 400 ONG une lettre ouverte demandant aux dirigeants réunis au Maroc de « mettre immédiatement un terme au développement de nouveaux projets fossiles et à assurer une transition socialement juste vers l’énergie renouvelable en gérant le déclin de l’industrie fossile ».  L'argument est scientifique et "non négociable": si nous exploitons jusqu’au bout les gisements de combustibles fossiles actuellement exploités, nous dépasserons les objectifs que s’est fixée la communauté internationale, à savoir "maintenir le réchauffement climatique nettement en dessous des 2 °C tout en s’efforçant de le limiter à 1,5 °C".

Lors du Forum Climats et Migrations, ayant lieu au Carrefour des associations parisiennes les 25 et 26 novembre, Clémence Dubois, responsable des campagnes 350.org pour la France, présentera ces actions citoyennes de désinvestissement qui ont jusqu'alors rallié plus de 600 institutions dont 150 en Europe: compagnies d'assurance, fonds de pension, municipalités, universités, églises... Clémence Dubois pourra également évoquer les prochaines campagnes de l'ONG. 

Le désinvestissement, « la meilleure façon d’améliorer les perspectives futures des populations et de la planète »

« Alors que la crise climatique ravage déjà notre planète », l'objectif des 2°C « sous-entend que 80% des réserves connues de pétrole, charbon et gaz devront restés dans notre sous-sol. Les lobbies de l’industrie fossile empêchent tout progrès politique dans cette direction. Le seul choix qu’il nous reste est d’affronter l’industrie fossile directement », argumente 350.org. « Le désinvestissement est un outil essentiel pour faire passer le monde des combustibles fossiles aux énergies renouvelables », ajoute Payal Parekh, directrice générale mondiale de 350.org. « Le mouvement de désinvestissement est un exemple que les gouvernements doivent mettre en pratique en retirant leurs capitaux du problème pour les investir dans la solution ». Pour elle, « il s’agit de la meilleure façon d’améliorer les perspectives futures des populations et de la planète ». Résultat 2015: à la fin de l"année,les promesses de désinvestissement ont atteint 3 400 milliards d'actifs gérés (c'est-à-dire investis par un gestionnaire pour le compte d'un client) contre 50 en 2014, quand l'ONG a commencé ses campagnes.

« Personne n’empêchera ce mouvement d’atteindre son but. Le désinvestissement vise rien moins qu’un futur juste, propre et sûr pour chacun »

Aux États-Unis, l'ONG est allée encore plus loin en participant à la création d'un réseau de réinvestissement afin de rediriger les fonds désinvestis des combustibles fossiles "vers les communautés en première ligne de la lutte contre l'économie extractive prédatrice. Nous avons convié des organisatrices et organisateurs locaux à créer un réseau translocal de pairs afin de mettre au point des structures d'investissement alternatives (coopératives, parcs solaires, entreprises communautaires, etc.) dans les communautés touchées par le dérèglement climatique", ajoute 350.org dans son rapport annuel 2015.

Le désinvestissement des combustibles fossiles est en fait "une façon d’exercer pouvoir et influence au nom des gens ordinaires sans disposer des milliards d’une industrie richissime. Des étudiants et des membres des communautés de l’ensemble des États-Unis joindront leur voix à celle d’habitants d’autres continents pour demander que les fonds de pension et les universités cèdent immédiatement leurs titres liés aux combustibles fossiles pour contribuer à combattre la menace du changement climatique », estime Jay Carmona, responsable de la campagne de désinvestissement pour les États-Unis.

« Nous demandons que l’argent public soit investi dans des solutions préservant une planète vivable plutôt que dans les combustibles fossiles qui détruisent nos moyens de subsistance »

« Tandis que les leaders politiques d’Australie défendent les intérêts de l’industrie des combustibles fossiles, le mouvement de désinvestissement défend ceux qui en sont victimes : les communautés locales, l’air, la terre et l’eau et le climat. Personne n’empêchera ce mouvement d’atteindre son but. Le désinvestissement vise rien moins qu’un futur juste, propre et sûr pour chacun, » commente pour sa part Charlotte Wood, directrice de campagne à 350.org Australie.

« Les peuples indigènes du monde entier sont menacés par le changement climatique. Nous, les Lapons, exigeons le respect de nos droits humains en solidarité avec les autres communautés les plus exposées et appelons les institutions publiques à nous soutenir. Nous demandons que l’argent public soit investi dans des solutions préservant une planète vivable plutôt que dans les combustibles fossiles qui détruisent nos moyens de subsistance », annonce en Suède Áile Javo, président du Conseil lapon.

May Macapobre, au centre de développement des agriculteurs, dans les Philippines, lui fait écho :  « La transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables devient indispensable pour les personnes vivant dans les régions vulnérables du monde. »

350.org est une ONG internationale dont la mission est d'inspirer, de former, et de mobiliser les citoyens à se joindre à un mouvement climatique large et diversifié afin de construire une société plus juste, inclusive et durable. Face à l'état d'urgence climatique, 350.org appelle à la non-coopération face à l'industrie fossile et à la désobéissance climatique. Le nombre 350 fait référence à la concentration de CO2 (350 ppm) qu’il faudrait dans l’atmosphère pour rester en deçà d’un niveau de réchauffement de l’ordre de 1,5° C. Nous sommes à ce jour quasiment à 400 ppm.

Regroupant plusieurs dizaines de structures venant des univers du codéveloppement, de la migration, de la solidarité internationale et de l'écologie, le Forum Climats et Migrations aura lieu les vendredi 25 et samedi 26 novembre, au Carrefour des associations parisiennes, 181 avenue Daumesnil, 75012 Paris.  Il est organisé par les associations Paroles d’Hommes et de Femmes et Sortir du Pétrole.

Samedi 26 novembre à 12 h 45: Désinvestissement et justice climatique, avec Clémence Dubois, 350.org. Entrée libre. Inscriptions: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

(1) 22e Conférence des parties (pays) adhérant à la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, faisant suite à la COP21 de Paris, où la communauté internationale a adopté un accord pour "limiter le réchauffement planétaire bien en dessous de 2°C en visant 1,5°C".

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