Membre de l’association négaWatt, l’ingénieur Benoît Lebot, directeur de l’International Partnership for Energy Efficiency Cooperation et ancien conseiller au Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), développera samedi 26 novembre, à l'occasion du Forum Climats et Migrations, les intérêts du "scénario négaWatt" pour décarboner l'activité économique.

La sobriété, l’efficacité sur les équipements et les appareils ainsi que l’efficacité dans le système productif, peuvent permettre, en France, de réduire très fortement les consommations d’énergie, de l’ordre des deux tiers d’ici 2050, “sans revenir à la bougie”. Dans cette hypothèse, la montée en puissance des énergies renouvelables (bois, éolien, solaire photovoltaïque, solaire thermique, biogaz, etc.) peut compenser une sortie du nucléaire dès la décennie 2030-2040, puis une sortie des énergies fossiles dans la deuxième partie du siècle. C’est ce vers quoi tend le scénario négaWatt dont une nouvelle version est attendue prochainement. A l’occasion du Forum Climats et Migrations, samedi 26 novembre au Carrefour des associations parisiennes, l’ingénieur membre de l’association négaWatt, Benoît Lebot, également directeur exécutif de l’IPEEC (International Partnership for Energy Efficiency Cooperation), au sein duquel il accompagne les pays du G20 pour promouvoir l’efficacité énergétique dans tous les secteurs de l’économie, présentera l'intérêt de ce scénario pour "décarboner" l'économie.

“La biomasse fournit en 2050 50 % de la production. Viennent ensuite l’éolien, puis le photovoltaïque devant l’hydraulique. La géothermie et le solaire thermique couvrent chacun 4 à 5 %”

Dans ce scénario prospectif, “les consommations d’énergie nécessaires pour la production de chaleur sont réduites de moitié, principalement grâce à des actions d’efficacité énergétique dans le bâtiment existant (travaux de rénovation thermique). Et la quasi-totalité de l'énergie consommée pour les besoins de chaleur est d'origine renouvelable”: biomasse, solaire thermique...

Concernant la mobilité, les consommations sont également fortement réduites (d’un facteur de presque 3) “par la sobriété (abaissement des vitesses autorisées, meilleur taux de remplissage, diminution du nombre de kilomètres parcourus, meilleure adaptation des véhicules à chaque usage, report modal) et par l’amélioration de l'efficacité énergétique des véhicules”.

Dans un contexte où les réacteurs nucléaires ont disparu un à un après 40 ans d’existence, où l’on sort progressivement des énergies fossiles et où la consommation d’énergie a chuté de 66%, “la biomasse fournit en 2050 50 % de la production. Viennent ensuite l’éolien, puis le photovoltaïque devant l’hydraulique. La géothermie et le solaire thermique couvrent chacun 4 à 5 %” de besoins, pronostique également le scénario, qui ajoute: “Les énergies marines restent peu présentes du fait des incertitudes techniques et économiques sur leur développement, mais des avancées techniques significatives ne sont pas à exclure”. Les émissions de CO2 de la France tombent de leur côté à un peu plus de 20 mégatonnes en 2050 contre environ 350 en 2010, soit une division de l’ordre de 15 (- 93 %).

Directeur de l'IPEEC depuis 2014, Benoît Lebot était auparavant conseiller technique sur la lutte contre le changement climatique et la transition énergétique dans les pays africains au sein du Programme des Nations Unies pour le Développement

Benoît Lebot devra notamment expliquer comment sobriété, efficacité et énergies renouvelables permettent une telle performance en quelques dizaines d’années, dans un scénario qui “englobe l’ensemble des consommations d’énergie (électricité, carburants...) et couvre les différents secteurs consommateurs d’énergie (bâtiment, transport, industrie)” du pays.

Benoît Lebot est directeur exécutif de l’International Partnership for Energy Efficiency Cooperation depuis mars 2014. De 2004 à 2014, il a été conseiller technique sur la lutte contre le changement climatique et la transition énergétique dans les pays africains au sein du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Il a également été ingénieur à l'ADEME de 1990 à 1997 comme responsable des actions de maîtrise de la demande d'électricité, puis de 1997 à 2003 à l’Agence Internationale de l’Énergie, Division Efficacité Énergétique.

Lors du Forum Climats et Migrations, Benoît Lebot témoignera également de son expérience en tant que directeur de l’International Partnership for Energy Efficiency Cooperation dans le cadre de la COP 22 sur le climat, 22e conférence des parties (pays) de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques qui viendra de s'achever au Maroc et à laquelle il aura participé.

Groupe d’études, de propositions et d’actions, l’association négaWatt s’appuie sur un réseau de près de 1000 adhérents. Elle est animée depuis 2001 par la Compagnie des négaWatts, un collège d’une vingtaine d’experts et de praticiens de l’énergie.

Regroupant plusieurs dizaines de structures venant des univers du codéveloppement, de la migration, de la solidarité internationale et de l'écologie, le Forum Climats et Migrations aura lieu les vendredi 25 et samedi 26 novembre, au Carrefour des associations parisiennes, 181 avenue Daumesnil, 75012 Paris.  Il est organisé par les associations Paroles d’Hommes et de Femmes et Sortir du Pétrole.

Forum Climats & Migrations, samedi 26 novembre
De 13 h 30 à 14 h 30, bilan des négociations sur le climat: "Et après la COP21 qu'a-t-on fait ? La COP22".
De 14 h 45 à 15 h 30, intervention NégaWatt.
Le CAP, 181 avenue Daumesnil, 75012 Paris.
Entrée libre, dans la mesure des places disponibles.
Inscriptions : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

FacebookTwitterGoogle BookmarksLinkedin

Informations supplémentaires