Devant être de très loin l’année la plus chaude de notre ère industrielle, 2015 poursuit ses records de température moyenne, à la surface à la fois des continents et des océans. Novembre a ainsi été plus chaud de 0,97°C par rapport la moyenne du XXème siècle, soit plus de +1°C par rapport aux niveaux préindustriels. Et El Nino va continuer à booster la température mondiale durant tout l’hiver. Au cours de l’année, seul l’Atlantique Nord s'est révélé bien plus froid que la moyenne.

Quoi que l'on pense de l’issue de la Conférence climat de Paris - Le Bourget, les divergences entre les options de limiter l’augmentation moyenne globale de la température à +2°C ou à +1,5°C depuis l’époque préindustrielle, montrent à quel point nous sommes déjà bien coincés dans le piège du réchauffement global, avec d’un côté des îles et des pays qui se battent dès maintenant pour leur survie et, de l’autre, des impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, donc de financement, qui deviennent colossaux.

Pour le scientifique américain “père de la science climatique”, James Hansen, “on est tout près de mettre nos enfants dans une situation où ils ne pourront plus rien faire face au changement climatique”. Pourtant, une solution existe, explique-t-il depuis des années, pour laisser les énergies fossiles sous terre et ainsi limiter le réchauffement global: faire en sorte qu’elles soient les énergies les plus chères, définitivement, avec un prix du carbone consistant à taxer de plus en plus les émetteurs pour redistribuer du pouvoir d’achat aux citoyens et ainsi stimuler une nouvelle économie.

Ce n’est malheureusement pas une surprise: octobre est le sixième mois consécutif de l'année à battre clairement son record de température. Et cela doit encore durer avec le phénomène El Nino, boostant le réchauffement de la planète, et maintenant capable de multiplier les désastres dans différentes régions du monde: inondations, coulées de boue, sécheresses, incendies, chutes de productions alimentaires, crises... Bienvenue dans un monde à +1°C !

Les concentrations des gaz à effet de serre de type gaz carbonique, méthane et protoxyde d’azote ont établi de nouveaux records en 2014, selon l’Organisation météorologique mondiale: près de 398 ppm pour le CO2, plus de 1830 ppb pour le CH4 et environ 327 ppb pour le N2O. L’OMM confirme également que l’effet de l’ensemble des gaz à effet de serre persistants représente désormais une concentration de 481 ppm équivalent CO2. Ce qui, ironie du sort, est à peu près la concentration maximum à obtenir en 2100 si l’on veut conserver au moins deux chances sur trois de rester dans la limite d’un réchauffement de +2°C depuis l’époque préindustrielle...

Si le mois de septembre a été plus frais que la moyenne 1981-2010 sur l'Atlantique Nord et une partie de l’Europe occidentale, notamment la France, il reste le 5ème mois consécutif à battre son record de température moyenne au niveau du globe terrestre, avec +0,9°C par rapport à la moyenne des mois de septembre du XXème siècle, selon l’agence américaine NOAA. Comme quoi on n’a pas forcément la température moyenne mondiale en ouvrant sa porte !

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