Un rapport dont disposent les négociateurs de la prochaine Conférence sur le climat de Paris suggère qu’il serait préférable de viser une limite de réchauffement inférieure à 2°C, notamment à cause d’éventuelles rétroactions du système terrestre. Selon le GIEC, pour avoir 1/2 chance de limiter le réchauffement à +1,5°C, il faut laisser 90% des combustibles dans le sol.

Nous sommes à l’intérieur d’un vaste mécanisme qui nous fournit à la fois du chaud, du froid et de l’eau douce, de manière assez régulée: la Terre, sorte de “chaudière commune” de la vie où gaz à effet de serre et autres glaces ont des rôles de thermostats. Bien plus qu'un réchauffement global d'un ou de deux ou de quatre degrés, c’est ce mécanisme que nous sommes en train de perturber, voire de menacer, en accumulant des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et notamment du CO2 issu des combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz) dont l'enfouissement participait à la régulation du climat...

Des stocks d’hydrates de méthane pourraient être fragilisés dans l’Arctique de l’Est sibérien par la propagation depuis plusieurs années d’un courant issu des restes du Gulf Stream. Des remontées de CH4 dans la colonne d’eau ont été détectées par les scientifiques de l’expédition russo-américano-suédoise Swerus. Avec le spectre d’une amplification “naturelle” des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

A l’Observatoire Mauna Loa d’Hawaï, le printemps est la saison des records en matière de concentration atmosphérique de CO2. Ainsi, avec 403,26 ppm, le mois d’Avril 2015 a battu le précédent record de moyenne mensuelle qui avait été établi en mai 2014 (401,78 ppm). Ce nouveau record doit cependant être lui-même battu en mai. Et encore, heureusement que nos émissions de CO2 sont pour moitié absorbées par les océans et les écosystèmes terrestres… Mais pour combien de temps ?

Submersion, érosion, salinisation: C’est avec ces trois armes que l’augmentation du niveau de la mer va redécouper et redéfinir, y compris en France, les littoraux durant ce XXIème siècle, selon un nouveau rapport de scientifiques français. Reste à savoir dans quelles proportions et avec quelles mesures d’adaptation : renforcement ou reconstruction des ouvrages ? Abandon de zones basses sensibles ? Délocalisation de populations, de biens et d’activités ?

Avec 3 ou 4°C de plus qu’aujourd’hui, nous risquons de connaître durant ce siècle, en plus des vagues de chaleur, précipitations extrêmes, inondations des zones côtières et autre insécurité alimentaire croissante, des phénomènes planétaires irréversibles : pertes importantes de biodiversité et de services rendus par la nature, changements soudains dans les systèmes de fonctionnement de la Terre... Alors que fait-on maintenant ?

Informations supplémentaires