Nos rejets anthropiques de CO2 peuvent déclencher des phénomènes naturels d’amplification des émissions de gaz à effet de serre ainsi que de puissantes retroactions.

Si température et carbone forment un couple instable, on peut discerner une autre union délicate : celle de la température, de l’eau et aussi du vent.

Nouveau mois record en août, période janvier-août la plus chaude jamais enregistrée... Boostée par El Nino, l’année 2015 est appelée à surpasser de quelque 0,1°C le précédent record de température moyenne de la planète -établi seulement l’an passé- selon les climatologues James Hansen et Makiko Sato. Cette année sera ainsi plus chaude d’environ 1°C par rapport au début du XXème siècle...

A terme, réchauffement et fonte des glaces pourraient induire une modification de la circulation thermohaline, puissant courant marin et régulateur planétaire de chaleur qui participe à la douceur du climat en Europe. Selon le GIEC, le ralentissement de l'AMOC (circulation méridienne de renversement de l'Océan Atlantique) est très probable durant ce siècle (90 à 100% de chances), avec une ampleur allant jusqu'à 54% de déclin si l'on continue sur la tendance actuelle.

Qu’il s’agisse du mois de juillet, des sept premiers mois de l’année ou encore des douze derniers mois, la fièvre planétaire fait une nouvelle fois tomber des records cet été. Et ce n’est certainement pas fini pour 2015: les prédictions envisagent un El Nino fort voire très fort pour novembre – décembre, tout juste à l’occasion de la COP 21...

Si la photosynthèse augmente dans un premier temps avec la hausse de la température, il y a des limites: trop de chaleur tue la capacité d’absorption de CO2 par les végétaux, sols, mers... Or, c'est comme cela que la Terre pompe une partie du dioxyde de carbone émis par nos activités issues de la combustion fossile. Des écosystèmes pourraient à terme passer du stade de puits à celui de sources à carbone.

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