Les matériaux biosourcés sortent de la confidentialité

Lin, chanvre, produits connexes du bois, ouate de cellulose et autres textiles recyclés... Les filières des matériaux biosourcés totalisent plus de 400 millions d’euros de chiffres d’affaires. Mais leur développement n'est en visiblement qu'à ses débuts car ces matériaux cumulent les atouts en matière d'environnement, de performances techniques et d'économie locale et circulaire. Deux secteurs tractent les autres: ceux des isolants et des bétons végétaux. 

Représentée par les structures “Constructions et bioressources”, “Construire en chanvre” et ASIV (Association des industriels de l’isolation végétale), la filière des matériaux biosourcés montre qu'elle est de plus en plus légitime dans l'univers de la construction: elle représente 8% des ventes d’isolants (données 2012, Salon Batimat 2013) tandis que les bétons végétaux affichent une progression de 20% sur 3 ans.

“Souvent validées par des certifications reconnues (ACERMI notamment), les caractéristiques des isolants végétaux sont similaires à celles des autres isolants”, argumentent les responsables qui notent que “les avancées scientifiques actuelles offrent à court terme et particulièrement pour les bétons de chanvre, des ruptures technologiques susceptibles d’améliorer sensiblement la performance énergétique des bâtiments mais aussi leur confort et leur qualité sanitaire”.

Des produits qui participent à la dynamique des territoires

Grâce à leurs approches innovantes en matière de fonctionnement thermique et hygrothermique, ces technologies répondent en fait à des exigences parfois “antinomiques”: performance énergétique, confort d’été, qualité de l’air intérieur, préservation des qualités intrinsèques des bâtiments existants lors de leur rénovation thermique... Les responsables soulignent également les atouts environnementaux de leurs produits: stockage pérenne du carbone, matières premières “renouvelables”, faibles besoins en énergie grise.

Atout supplémentaire: maintenant présents chez la plupart des négociants en matériaux, ces produits ont également la caractéristique de participer à la dynamique des territoires. En effet, “Au-delà du volontarisme affiché par la filière, l’agriculture française s’appuie sur des productions de qualité (lin, chanvre, céréales, maïs, oléagineux, protéagineux...) ainsi que sur des structures organisées au plan local et national (coopératives, centres techniques, organismes professionnels, réseaux associatifs...).

Cette richesse garantit l’approvisionnement des utilisateurs avec des produits complémentaires et compétitifs : bottes de paille pour des artisans-constructeurs, matières premières pour la chimie du bâtiment, fibre pour des laines isolantes ou granulats pour des bétons”, poursuivent-ils. De plus, « l’organisation des circuits de récupération valorise des ressources telles que les papiers pour la fabrication de ouate de cellulose ou encore les textiles pour l’élaboration de laine de coton. Ces filières ont anticipé de longue date l’intérêt grandissant pour l’économie circulaire en y incluant parfois une attention particulière aux attentes d’une économie sociale et solidaire ». Comme quoi leur développement n'en est visiblement qu'à ses débuts.

Atouts des isolants biosourcés et des bétons végétaux

Dans cette filière des matériaux biosourcés, les deux secteurs qui tractent le développement sont ceux des isolants et des bétons végétaux. Voici leurs principaux avantages.

- Isolants biosourcés : performance technique et économique ; caractéristiques validées par l’évaluation technique (Avis technique) et par la certification (ACERMI) ; disponibilité sur l’ensemble du territoire ; confort de mise en œuvre ; large domaine d’applications.

- Bétons végétaux : fonctionnement hygrothermique permettant une optimisation de la performance énergétique des bâtiments, en particulier en rénovation ; confort hiver / été – également lié au fonctionnement hygrothermique ; correction acoustique ; garantie dans le cadre de règles professionnelles et du Label Chanvre Bâtiment.


Chiffres d’affaires de matériaux biosourcés

- Ouate de cellulose (ouate en vrac et panneaux) : 28 millions d’euros par an.

- Produits connexes du bois : 100 millions d’euros par an.

- Panneaux de paille : 200 000 euros/an.

- Chanvre (production agricole, transformation pour la construction, fabrication de liants, fabrication de laines) : 24 à 27 millions d’euros.

- Lin (première transformation, liants, panneaux isolants) : 273 millions d’euros.

- Textiles recyclés : 10 millions d’euros.

- Laine de mouton : 1,5 million d’euros.

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