Compte CO2 et sa "monnaie climatique", Amzair et ses pompes à chaleur, et Financo, filiale du Crédit-Mutuel Arkéa, ont lancé un prêt qui permet, pour remplacer les chaudières au fioul, d'emprunter 10 000 € pour n'en rembourser que 9800, le reste du capital et les intérêts étant payés par les tonnes de CO2 "économisées" à cette occasion.

"Un Français émet en moyenne neuf tonnes de CO2 par an. Il faudrait diviser par quatre cette valeur à l’horizon 2050 selon les recommandations des experts du changement climatique. L’effort à accomplir est donc considérable et nécessite la mise en œuvre de nouvelles solutions de financement afin de permettre, notamment, aux familles d’acquérir des équipements sobres en CO2 (chauffage) ou d’entreprendre des travaux de rénovation énergétique dans leur logement (isolation, fenêtres...)". Sur ce principe, le Compte épargne CO2, créé en 2013 par la start-up brestoise 450 (1), le spécialiste des pompes à chaleur Amzair Industrie et Financo, filiale du Crédit Mutuel Arkéa, ont conclu un partenariat visant "à encourager les achats éco-responsables et à récompenser les réductions d’émissions de CO2 en leur conférant une réelle valeur marchande".

Une "monnaie climatique" qui entend participer à la décarbonation de l'économie

"Concrètement, une famille, inscrite sur le site Internet du Compte CO2, fait appel à Financo pour financer à crédit l’acquisition auprès d’Amzair Industrie d’une pompe à chaleur en vue de remplacer son ancienne chaudière au fioul fortement émettrice de CO2. Les économies de CO2 réalisées grâce à ce nouvel équipement sont transformées en monnaie climatique  « CO2 » sur le compte CO2 et viennent au final réduire le montant du prêt initial", expliquent les partenaires.

"Ce financement innovant de la transition écologique crée ainsi du pouvoir d’achat et stimule l’activité économique", poursuivent-ils. Ajoutons néanmoins que, pour que ce soit une réussite réelle en termes d'émissions de gaz à effet de serre, il convient que le pouvoir d'achat ainsi créé ne serve pas à financer des activités émettrices.

Manière pour les uns de valoriser la réduction de leurs émissions de CO2 et, pour les autres, de compenser leurs émissions, cette "monnaie climatique" entend bien participer à la décarbonation de l'économie. "La lutte contre le changement climatique sera citoyenne ou ne sera pas. Pour amorcer le virage climatique, il est donc essentiel de donner envie à chacun d’entre nous de changer ses habitudes, notamment dans sa façon de loger et de se déplacer", expliquent les responsables.

De 52 à 1000 euros la tonne de CO2

Sur le site compteepargneco2.com, la tonne de CO2 évitée est payée plus de 50 euros, très largement au dessus du marché (environ 6 euros actuellement sur le marché carbone européen). Si on décide de vendre des kilos de CO2 contre des euros, le Compte CO2 prend comme repère de base les données du Groupement intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) "qui a défini que la tonne de CO2 devait atteindre 100€ en 2030 si l’on souhaite limiter à 2°C le réchauffement climatique, soit 52,64€/tCO2 en 2014, avec une hausse de 4% par an, pour arriver à 100 € en 2030", explique-t-il.

On peut également décider de dépenser ses CO2 dans des offres d'entreprises partenaires qui s'engagent de leur côté à valoriser une tonne à hauteur de 100 euros minimum. Entre autres possibilités: acheter un vélo à assistance électrique, profiter d'activités culturelles, faire effectuer une étude thermique, acheter des produits bio, investir dans un projet d'énergie renouvelable... Avec la COP21 (2), une formule où la tonne de CO2 est payée 1000 euros a même été mise en place pour les personnes qui travaillent dans des entreprises qui compensent leurs émissions de CO2.

L'offre de prêt maintenant lancée avec Financo et Amzair permet quant à elle d'emprunter 10 000 euros pour le remplacement donc d'une vieille chaudière au fioul par une pompe à chaleur, et de rembourser au final 9800 euros et 16000 CO2, intérêts inclus (hors assurance). Les 16 tonnes de CO2 pris en compte représentent les émissions évitées pendant la durée du prêt (4 tonnes par an).

Amzair Industrie, "le premier industriel à s’engager dans le déploiement de ce financement innovant du chauffage bas carbone"

« Il faut se réjouir de ce financement innovant de la transition écologique, s’enthousiasme Jean-Luc Baradat, cofondateur et président du Compte CO2.  En acceptant notre monnaie climatique CO2, Amzair Industrie et Financo agissent très concrètement pour le climat et créent aussi un effet d’entraînement qui peut inciter d’autres entreprises à franchir le pas, » estime-t-il.

« Convaincus depuis toujours de l’urgence et de l’importance de réduire le recours aux énergies fossiles dans le secteur du bâtiment, nous sommes très heureux d’être le premier industriel à s’engager dans le déploiement de ce financement innovant du chauffage bas carbone, et de contribuer ainsi à l’accélération de la transition énergétique et en même temps du développement de l’emploi français », précise Glen Desmousseaux, président d’Amzair Industrie.

« L’ambition de Financo est d’accompagner ses clients dans leur quotidien, en leur proposant des solutions de financement adaptées à leurs besoins. Ce partenariat est une façon efficace de répondre aux enjeux de la transition énergétique. En collaborant avec le Compte CO2 et Amzair Industrie, nous encourageons les initiatives innovantes en faveur du développement responsable, de l’économie et de l’avenir des territoires, conformément aux engagements de responsabilité sociétale de l’entreprise. », souligne Antoine Michaud, directeur général de Financo, filiale du Crédit Mutuel Arkéa.

(1) Comme 450 ppm, la concentration de CO2 à ne pas dépasser si l'on veut conserver environ une chance sur deux de ne pas dépasser un réchauffement global de plus de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, selon le GIEC.
(2) 21ème Conférence des parties (pays) de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatique, qui a eu lieu à Paris en décembre 2015.

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