L’activité d’amélioration énergétique des logements en baisse de 10,5 % de 2010 à 2013

Selon les chiffres de l’Observatoire Permanent de l’amélioration Energétique du logement (OPEN), le nombre de logements du parc privé complétement rénovés en matière thermique est passé de 290 000 en 2011 à 265 000 en 2013. Le nombre de logements bénéficiant d’une réelle amélioration thermique -près de 2,6 millions- progresse quand même de 1,3 % par an entre 2011 et 2013.

Nombre de logements du parc privé plus économes en énergie évalué à 265 000; nombre de chantiers de rénovation énergétique en légère progression, de l’ordre de 1,3 % par an; nombre de rénovations thermiques globales réalisées en une seule fois en baisse, mais nombre de rénovations réalisées “par étapes” en hausse... Tels sont quelques-uns des principaux résultats de la campagne de l’Observatoire Permanent de l’amélioration Energétique du logement (OPEN) pour l’année 2013.

La part des travaux à impact thermique se réduit au sein du marché de l’entretien - amélioration des logements

Créé en 2006 afin d’évaluer les politiques énergétiques mises en place en matière de rénovation de l'habitat, l’OPEN permet “de suivre et d’estimer l’effort fourni pour rendre les logements existants plus économes en énergie”. Il mesure donc “l’évolution des ventes d’équipements énergétiques performants et des travaux réalisés par les ménages” ainsi que “l’efficacité de certains dispositifs d’aides aux particuliers”. Son “périmètre” cible cinq types de travaux de rénovation:  toiture (charpente, couverture, étanchéité de terrasse), agencement (cloison, isolation, plâtrerie, chape et plafond), ouverture (porte, portail, fenêtre, store, volet, véranda), chauffage (chauffage, eau chaude, ventilation, climatisation), façade (ravalement, crépis, bardage, isolation de la façade). Par opposition, les travaux non OPEN du marché de l’entretien-amélioration des logements concernent des postes non thermiques: plomberie, électricité, cuisine, peinture, revêtement...

Pour 2013, les responsables estiment que “la dynamique de rénovation énergétique résiste malgré la crise économique” même si cette crise “pèse incontestablement sur les choix des ménages en matière de rénovation”. Pour eux, “avec 265 000 logements du parc privé rénovés et plus économes en énergie en 2013, l’objectif du gouvernement de 500.000 rénovations par an à partir de 2017 parmi lesquelles 380 000 logements privés dans le périmètre d’OPEN, semble atteignable. Et ce, d’autant plus que des mesures incitatives inscrites dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte de Ségolène Royal et en particulier les nouvelles aides financières pour la rénovation permettront d’accompagner et d’amplifier cette dynamique”.

Néanmoins, “la part du périmètre OPEN se réduit au sein du marché de l’entretien - amélioration des logements”. Représentant en 2013 environ 16,6 milliards d’euros pour un marché total de 39,9 milliards, les travaux à impact thermique ont concerné 46% des 9,7 millions de logements rénovés. Depuis 2006, année pendant laquelle ils ont représenté plus de 20 milliards d’euros, ils ont perdu 10% de part dans le marchéde l’entretien-amélioration des logements.

“Le niveau de performance énergétique des solutions choisies poursuit sa progression”

“En resserrant l’analyse sur les travaux d’entretien - rénovation ayant abouti à une réelle amélioration thermique, on peut évaluer pour 2013 le marché des travaux ayant un impact énergétique à 2,6 millions de logements et à 12,8 milliards d’euros (14,3 en 2010). Le nombre de logements bénéficiant d’une réelle amélioration thermique progresse de 1,3 % par an (taux de croissance annuel moyen) entre 2011 et 2013 après une progression annuelle de 6 % entre 2010 et 2011”, précise l’Observatoire. Toutefois, “cette progression est combinée à une chute sensible des montants unitaires des chantiers et se traduit au final par une baisse de l’activité d’amélioration énergétique de 10,5 % par rapport à 2010”, ajoute-t-il.

Par ailleurs, on passe de 134 000 rénovations thermiques globales réalisées en une seule fois en 2011 à 90 000 en 2013. Ce net recul est expliqué par la crise, notamment par la baisse des acquisitions de logements, “souvent propices au lancement de gros travaux”. Les rénovations par étapes étalées sur plusieurs années sont elles en hausse.  Au total, les rénovations complètes (qualifiées 3 étoiles par l'OPEN) sont cependant orientées à la baisse:  265 000 contre 290 000 en 2011 alors qu’elles étaient passées de 209 000 en 2006 à 295 000 en 2010.

Bonne nouvelle en revanche : en parallèle des rénovations par étapes, “le niveau de performance énergétique des solutions choisies poursuit sa progression”. Ainsi, on arrive à 60% de taux d’isolation des toitures rénovées, à près de 45% d’isolation thermique par l’extérieur pour les façades rénovées, à plus d’un quart d’isolation optimum pour les ouvertures (près de 65% pour l’isolation medium), à près de la moitié d’isolation medium ou optimum pour l’agencement du logement, et à plus de 2/3 de chauffage médium (panneau ou plancher rayonnant, chaudière basse température, chaudière biomasse) ou optimum (chaudière à condensation, pompe à chaleur, biomasse associé au solaire) pour le système énergétique.

Si le crédit d’impôt développement durable reste le dispositif le plus utilisé, l’intérêt pour ce crédit d’impôt est en net recul

Au final, le montant moyen des travaux d’amélioration énergétique tend à baisser: il s’établit en 2013 à 5 210 € TTC, soit un retour en deçà du niveau de 2006 après avoir connu un pic à 6870 € en 2008, selon l’Observatoire. Les chantiers inférieurs à 5 000 euros représentent 65% du marché des travaux tandis que les chantiers de plus de 10 000 € ont diminué de moitié depuis 2008, passant de 30 à 15 %.

Il s’avère également que “la proportion de ménages motivés par les économies d’énergie a été divisée par presque deux entre 2011 et 2013”, atteignant 24,5% contre 43,9% deux ans plus tôt. L’Observatoire explique ce recul avec les "difficultés économiques rencontrées par les ménages dans la dernière période. En effet, dans un contexte difficile, la priorité est donnée à la gestion des urgences (réparations) et non à une vision de plus long terme permettant des économies d’énergie”, argumente-t-il.

Enfin, si de plus en plus de ménages (+3% entre 2010 et 2013) ont eu recours à un dispositif financier d’aide à la rénovation (crédit d’impôt, prêt LDD, éco-PTZ, prime à la casse ou prêt bonifié par un énergéticien dans le cadre des certificats d’économie d’énergie) et si le crédit d’impôt développement durable reste le dispositif le plus utilisé (1,28 million de ménages en ont bénéficié en 2013), il s’avère que l’intérêt pour ce crédit d’impôt est en net recul.

Le crédit d’impôt Développement durable (CIDD) “était considéré comme décisif par 45% des ménages ayant réalisé en 2008 des travaux visant une économie d’énergie, contre 34% en 2010. Pour 2013, l’ordre de grandeur évolue encore plus nettement à la baisse avec seulement 12 % des ménages qui déclaraient le CIDD comme financement décisif pour enclencher de tels travaux. Ce résultat doit être replacé dans un contexte de transition et d’ajustement des politiques publiques, avec de fortes évolutions du CIDD dans un sens moins favorable aux ménages”, explique l’Observatoire.

Reste maintenant à savoir quelle sera l’efficacité des mesures envisagées par la loi de transition énergétique “pour accompagner l’objectif de 500 000 rénovations performantes par an à partir de 2017: information de l’usager, carnet numérique du bâtiment... D’ores et déjà, les aides financières à la rénovation ont été simplifiées et le gouvernement a donné un coup d’accélérateur au crédit d’impôt, porté à 30% du montant des travaux éligibles”, estiment les responsables.

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