Le nombre d'emplois fournis par les énergies renouvelables  a progressé de 5% pour atteindre 8,1 millions en 2015, selon le rapport annuel de l'International Renewable Energy Agency (IRENA).

C'est le solaire photovoltaïque qui fait travailler le plus de monde avec 2,8 millions d'emplois. Au total, l'Asie concentre 60% de ces emplois, avec une imposante domination chinoise. 2ème dans l'Union européenne derrière l'Allemagne, la France apparaît en recul.

Le rapport 2016  "Renewable Energy and Jobs" de l'IRENA (International Renewable Energy Agency) montre qu'en 2015, sans tenir compte de la grosse hydraulique, les énergies renouvelables généraient 8,1 millions d'emplois directs et indirects à travers le monde. Ce qui correspond à une augmentation de 5% par rapport à l'année précédente. Si l'on y ajoute les grands barrages, on arrive à environ 9,4 millions.

"Cette augmentation est poussée par les coûts en baisse des technologies des énergies renouvelables et par des cadres politiques favorables"

L'Asie concentre 60% de ces emplois. Les pays qui mènent la danse sont la Chine avec 3,5 millions d'emplois, le Brésil (918 000), les Etats-Unis (769 000), le Japon (388 000) et l'Allemagne (355 000). Si elle reste seconde dans l'union européenne avec 170 000 emplois, la France a reculé de 4% en 2014. Selon l'IRENA, les emplois perdus dans l'Hexagone ont concerné le solaire photovoltaïque, la biomasse, les pompes à chaleur géothermiques et le solaire thermique. En revanche, le nombre d'emplois a augmenté dans les agrocarburants, la petite hydraulique et l'énergie géothermique.

Pour l'IRENA, la hausse du nombre d'emplois dans les énergies renouvelables au niveau mondial contraste avec la déprime des marchés du travail dans le secteur de l'énergie en général. L'agence des énergies renouvelables précise par exemple qu'aux Etats-Unis, le nombre d'emplois a augmenté de 6 % dans l'énergie renouvelable pendant qu'il a chuté de 18% dans le gaz et le pétrole. "Cette augmentation est poussée par les coûts en baisse des technologies des énergies renouvelables et par des cadres politiques favorables", estime le directeur général de l'IRENA, Adnan Amin.

Solaire photovoltaïque: 2,8 millions d'emplois dont 1,7 en Chine. Régression en Europe

Même si  sa part dans la production mondiale d'électricité reste faible (moins de 1%, plus de 2% visé en 2020), l'énergie renouvelable actuellement la plus créatrice d'emplois est le solaire photovoltaïque avec 2,8 millions de postes (11% d'augmentation en 2014) dont 1,7 million en Chine. "L'emploi dans le photovoltaïque est en croissance au Japon et aux Etats-Unis, il est stable en Chine et il continue de décroître dans l'Union européenne", précise l'IRENA, pour laquelle les politiques de soutien au photovoltaïque (subventions, tarifs de vente de l'élecricité...) ont un "impact significatif" sur l'emploi.

Chiffres 2014 marquants: le photovoltaïque a fait un bon de 28% au Japon, au moins en partie du fait d'un tarif favorable, tandis qu'il a chuté de 13% en Europe, principalement à cause d'une baisse de la fabrication, selon l'IRENA. Par ailleurs, plusieurs pays d'Asie progresse sensiblement, notamment l'Inde, la Malaisie et la Corée du Sud (fabrication de panneaux), ou encore le Pakistan (installations).

Agrocarburants: baisse de 6 % du nombre d'emplois à 1,7 million

Classés par l'IRENA dans les énergies renouvelables, les agrocarburants forment le deuxième puits d'emplois avec 1,7 million d'individus. Cependant, ces emplois sont en baisse de 6% en 2015, révèle également le rapport. Selon lui, cette chute  s'explique notamment par la mécanisation continue de l'activité dans des pays comme les Etats-unis et le Brésil, ce qui n'est par ailleurs pas un bon signe pour leur bilan carbone. Le Brésil reste en tête avec plus de 820 000 emplois. Les emplois sont en chute en Indonésie (moins de 100 000) avec l'effondrementdes exportations de carburants à base d'huile de palme en 2015.

1,1 million d'emplois pour l'éolien, 940 000 pour le solaire thermique dont 80% en Chine, 200 000 pour la petite hydraulique

Arrivant en troisième position, l'éolien a pour sa part connu une année "record" avec de "forts taux d'installations en Chine, aux Etats-Unis et en Allemagne", ce qui donne au final une croissance de 5% pour un total de 1,1 million d'emplois. La Chine arrive en tête avec près de la moitié de ces emplois. Autres acteurs majeurs: l'Allemagne et les Etats-Unis, suivis par le Brésil et l'Inde.

Quatrième, le solaire thermique totalisait 940 000 emplois en 2015 dans le monde, estime l'IRENA. La Chine arrive encore en tête dans ce domaine avec... 80 % des postes. Cependant, la Chine a perdu des emplois pour la deuxième année de suite à cause d'un ralentissement du marché du logement et de l'arrêt des subventions en 2013.  L'Inde représente de son côté 75 000 emplois, le Brésil 40 000, l'Union européenne 36 000, la Turquie 20 000 (emplois directs et indirects), les Etats-Unis 10 000, la Tunisie plus de 1500...

La petite hydraulique regroupait quant à elle 200 000 emplois dans le monde en 2015, chiffre en baisse de 13%. La Chine s'en attribue la moitié, devant l'Inde, l'Allemagne et le Brésil. Quant aux 1,3 million de personnes employées dans la grosse hydraulique, on les trouve notamment en Chine (34%), au Brésil (15%), en Inde (8%), en Iran (5%), en Russie (5%), au Vietnam (3%), en Turquie (2%)...

La question du bois-énergie

Enfin, outre la géothermie (160 000 personnes) et le solaire thermodynamique encore embryonnaire (14000 personnes), l'IRENA note que certaines énergies renouvelables utilisées pour produire localement de la force motrice et de la chaleur destinée à la cuisine, peuvent être très créatrices d'emploi. Il s'agit principalement des petits moulins à eau et de la production de chaleur  "propre" à partir de biomasse et de biogaz.

Par exemple, un programme de petits moulins à eau réalisé au Népal afin de fournir localement de l'électricité et de l'énergie motrice pour l'agriculture, a permis la création de 8500 emplois pour l'installation et la maintenance; le programme biogaz du Vietnam a généré l'installation de 150 000 digesteurs nécessitant quatre emplois par installation durant la phase de construction; l'Alliance mondiale pour les cuisinières propres a fabriqué au moins 10 millions d'unités en 2012, avec 76 000 emplois, toujours selon l'IRENA.

L'enjeu de produire une chaleur "propre" est de taille. Avec 9% de la consommation finale d'énergie, le bois-énergie -très émetteur en CO2 sans reforestation- soutient les moyens d'existence d'environ 3 milliards d'êtres humains, estime l'IRENA. Selon les données de la FAO, l'organisation des Nations-Unies pour l'agriculture et l'alimentation, 41 millions de personnes travaillent à travers le monde dans le bois de chauffage et la production de charbon de bois: 19 millions en Afrique, 11 en Asie et 11 en Amérique, notamment en Amérique latine.

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