Désirant tester, optimiser et promouvoir les low-techs -ou basses technologies- à l'occasion d'un tour du monde, le Nomade des Mers a fait escale au Cap-vert, à la découverte d'un système de culture hors-sol économe en eau -l'hydroponie- et de sa variante biologique, la bioponie.

Parti en février de Concarneau pour trois ans d'expédition, avec à son bord l'ingénieur aventurier Corentin de Chatelperron et son équipe d’explorateurs, le Nomade des Mers s'est fixé pour mission de tester, d'optimiser et de promouvoir les low-techs, à savoir ces technologies qui, par opposition aux procédés high-tech, sont simples, économiques, durables et très sobres en énergies. Ce bateau a fait une escale au Cap-vert, notamment afin d'en savoir plus sur l'hydroponie -système qui permet de cultiver sans terre et avec peu d'eau- et sur la bioponie -le même système mais "bio", c'est-à-dire utilisant des engrais issus de déchets organiques.

Au Cap-vert, où il ne pleut que deux mois par an, l'hydroponie est en particulier développée par un précurseur, Sergio Monteiro Roque, qui exploite des serres pour produire salades, fraises, plantes aromatiques... Et qui est également formateur pour les agriculteurs locaux.

Les aventuriers du Nomade des Mers ont rencontré Sergio Monteiro Roque. "Dans un système hydroponique, les plantes poussent dans des bacs sur un substrat (mélange de terre volcanique au fond et tourbe au-dessus) qui sert juste à ce que leurs racines puissent s’accrocher. Les nutriments (minéraux) sont apportés dans l’eau avec laquelle les plantes sont arrosées. L’eau en trop est récupérée pour un prochain arrosage ce qui permet au final à Sergio d’utiliser trois fois moins d’eau que la culture en terre tout en nécessitant un espace plus restreint. Sergio assure également que la pousse en hydroponie est beaucoup plus efficace, 45 jours pour faire pousser les salades au lieu de 60 jours en terre", raconte Elain Le Floch sur le blog de l'expédition.

Un lombricompost amélioré pour produire de l'engrais bio

Sergio Monteiro Roque a installé un système hydroponique à bord du Nomade des Mers, à l'arrière du cockpit. "Le système est très simple : des demi tubes PVC remplis du même substrat que dans les serres de Sergio : tourbe au-dessus et roche volcanique en dessous pour laisser s’écouler l’eau. Pour l’instant nous avons planté des salades et du persil mais dès que possible il faudra les remplacer par des légumes feuilles qui contiennent plus de nutriments et sont plus intéressant pour notre alimentation et l’autonomie", poursuit l'équipière de Corentin de Chatelperron.

L'équipage va maintenant essayer de trouver "un autre substrat que la tourbe qui est une matière organique fossile peu renouvelable". Plutôt que d'utiliser des engrais minéraux, également non renouvelables, il va également tester l'hydroponie biologique, en fabriquant donc un engrais avec des déchets organiques. Pour ce faire, un autre spécialiste, Thomas Blangille, qui travaille pour General Hydroponics, partenaire de l'expédition, a appris aux aventuriers du Nomade des Mers à construire un "biofiltre", basse technologie permettant de fabriquer un tel engrais biologique.

" Le biofiltre est un genre un lombricompost amélioré (...) Dans la couche supérieure un lombricompost produit un jus de compost qui passe dans un second niveau où il est digéré par un champignon (trichoderma). De l’eau venant de l’étage du bas est remontée grâce à une petite pompe (branchée sur notre éolienne low-tech) et lessive le mélange pour obtenir une solution d’engrais minéraux assimilables par les plantes en hydroponie", explique Elain Le Floch dans son récit.

Parti pour traverser l'Atlantique en direction du Brésil, le Nomade des Mers teste maintenant ces nouvelles technologies.

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